‹ L'art français au temps de Richelieu et de MazarinChapitre 53 sur 112 · De Geymuller, les Ducerceau et leur œuvre, 1887, in · texte numérisé non relu

De Geymuller, les Ducerceau et leur œuvre, 1887, in

tecte en titre de Louis XIII (1617 et 1630) ; il travailla à l'hôtel dit de Sully, à l'hùtel de Bretonvilliers, etc. Les Métezeau sont également nombreux et importants. L'un d'eux au moins a obtenu la célébrité, non comme architecte à vrai dire, mais comme ingénieur. Ce fut lin qui éleva la fameuse digue de la Rochelle, mais il devrait tenir une place dans l'histoire de l'art par ses constructions à Paris ou en province.

Il existe au xvii" siècle au moins trois Marot. Le premier, Jean Marot père, appartient à Tépoque qui nous occupe ; il construisit à Paris Thùtel de Pussort, l'hôtel de Mortemart, l'hôtel de Jabach ; en Bourgogne le château de Tourny, dans le Maine celui de Lavardin. Voilà une œuvre considérable même par la valeur. Et Marot mériterait d'autant plus d'être étudié qu'il fut graveur en même temps qu'architecte. Il a publié un recueil de plans et vues des principaux édifices construits par lui ou par ses contemporains, qui est d'un prix inestimable pour la connaissance de l'époque '.

Gamard est à peine cité; pourtant on le voit, de 1626 à 1643, maître des œuvres de la ville de Paris; il construisit l'église des Incurables, le portail de l'Hôtel-Dieu, donna les plans de Saint-Sulpice en 1646 et entama les premiers travaux de l'édifice. Antoine Le Paultre a beaucoup produit avant 1661, et la preuve c'est que dès 1652 il publiait ses

i. Voir ci-dessous, p. 222.

l'architecture. 219

Œuvres d'architecture. Il avait élevé l'église de Port-Royal au faubourg Saint-Jacques; nous le retrouverons à propos de l'hôtel de Beauvais.

Même les plus renommés de ces artistes, de Brosse, Le Mercier et François Mansart, ne sont pas connus comme ils mériteraient de l'être, ou comme il faudrait qu'ils le fussent pour éclairer l'histoire de notre art national. Cependant ils ont une œuvre considérable. Nous avons à nous demander surtout quelles idées ils apportaient, eux et leurs contemporains, et quel style ils allaient réaliser. Ils étaient formés à l'école de l'antiquité, telle qu'elle avait été interprétée dans les théories des architectes de la Renaissance française ou appliquée par les artistes italiens. Leur esprit fut hanté pour ainsi dire par deux idées dominantes : celle des ordres, qui venait des anciens, celle de la coupole, qui venait de l'Italie. Presque tous avaient voyagé et étudié dans la Péninsule. Ils restaient sous l'impression de l'église Saint-Pierre en fait d'architecture religieuse, des palais romains ou florentins en fait de constructions civiles. Leur pédagogie se fondait sur Yitruve, édité, traduit et commenté pendant tout le xvi'' et le xyii*^ siècle ', sur Philibert Delorme ^ disciple lui-même de Vitruve, sur Vignole, sur Palladio ^ Eux-mêmes d'ailleurs aimaient à écrire et

1. Claude Perrault publie encore un Vitruve en 1673 (in-P) et en 1674 (abrégé, in-12).

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