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LA I'EINTLHË. 319
(LuLivrc, 710), pour la mère qui lient son jeune enfant dans ses bi-as et regarde d'un œil inconscient.
La pensée du sujet en donne aussi la composition; le centre attractif de la toile va correspondre à la déterminante de la conception. Dans VEnlèvement des Sabines, ce sera Romulus agitant le signal, dans la Femme adulti're, Jésus montrant les mots qui sauvent la coupable. Dans Diogène, le paysage, immense en proportion de la figure de Diogène, gravite cependant tout entier autour — non pas même d'un personnage, mais d'un mouvement, — celui du jeune liomme puisant l'eau au ruisseau.
Enfin de la pensée du sujet résulte le caractère du |>aysage où il va se produire. La vérité sera là toute subjective; il ne s'agira pas de savoir oîi s'est passé un fait historique et de saisir la couleur locale, mais d'établir le rapport logique entre le milieu pittoresque et le sentiment. La rencontre d'Eliézer et de Rébecca est une scène d'un genre tempéré : Poussin la placera dans un ensemble de lignes calmes et douces, L'enlèvement du jeune Pyrrhus au milieu d'un combat aura pour théâtre un site tourmenté, coupé de rocs abrupts, sous, un ciel chargé de nuages. Il en sera de même pour le Moise frappant le rocher^ on n'y verra pas le désert que nous connaissons, mais, pour ainsi dire, un désert psychologique, surchargé de tous les accidents de terrain qui symbolisent le trouble des esprits, le désespoir des Israélites avant le moment où coule la source miraculeuse. Tous les commentateurs du xvii" siècle ont fait des observa-
lions du même genre et qui justifient les nôtres. Le Brun dit à propos du tableau de la Manne : « Le peintre ayant à représenter le peuple juif dans un paj'S dépourvu de toutes choses et dans une extrême nécessité, il faut que son ouvrage porte des marques qui expriment sa pensée et conviennent à son sujet. Et quoique ce paysage soit disposé d'une manière très savante,... la vue néanmoins n'y trouve pas ce plaisir qu'elle cherche et que l'on trouve d'ordinaire dans les autres tableaux, qui ne sont faits que pour une belle campagne '. » Bourdon oppose le paysage des Aveugles de Jéricho à celui des hrac- Ules dans le dêscri, en expli(iuant la différence par le contraste entre les deux sujets. Dans une autre conférence, poussant le système à l'excès, il partage le jour en six heures, dont chacune convient mieux à certains sujets. L'aube du jour « a favorisé plus d'une fois les desseins des amants.... Si vous traitez ces sujets ou d'autres semblables, ne leur cherchez point une autre heure. « Puis il ajoute, à propos du lever du soleil : « Je voudrais qu'on apprît à l'école de Poussin à éclairer ses tableaux avec dessein et qu'à son imitation, on réservât la lumière du soleil levant pour des sujets susceptibles de cette même joie qu'inspire l'arrivée du soleil ^. »
L'esprit logique et essentiellement raisonneur de Poussin ne s'en tenait pas là. D'après lui, l'exécution