LE MOBILIER CIVIL ET RELIGIEUX
Destinées aux ablutions du célébrant, les pisciries se composaient de deux niches creusées dans le mur, avec un trou pour l’écoulement des eaux. Elles étaient placées à proximité de l’autel.
Le mobilier civil. — Avant le XVe siècle, les meubles sont faits Sénéralement de panneaux assemblés par des clés à double queue d’aronde. Ces panneaux le plus souvent sont peints ou ornés de pentures, bandes de fer clouées servant de soutien sur les $onds. A partir du XV® siècle, apparaissent les assemblages à rainures et languettes. Les panneaux sont alors fréquemment décorés d’ornements appelés serviette ou parchemin plissé (pl. XVIII). Ces ornements sont toujours sculptés en plein bois : ils ne sont jamais rapportés. L'usage des vis est à peu près inconnu ; l’assemblage se fait à l’aide de chevilles, soit en bois, soit plus rarement en fer.
Les coffres, appelés aussi bahuts, sont les meubles les plus en usage. Ornés de pentures en fer for$é, avec une ou deux serrures, et souvent recouverts de peau, ils abritent les vêtements, le linge, les objets précieux.
Les crédences (pl. XVIII) étaient des buffets de salle à manger qui servaient, dans les maisons sei- Sneuriales, à faire les « essais ». C’est là que les officiers de bouche goûtaient les premiers aux mets et à la boisson : d’où, au XVEe siècle, l’expression de « faire crédence », pour « faire un essai ».
Durant tout le moyen âge, la chaise, chaire ou chaïère, est réservée au seigneur, au X chef de famille. Au XIIT° siècle, Fig. 12.— BAYEUX le dossier est assez bas. Au Cathédrale. Faudesteuil
XVe siècle, au contraire, le dossier s’élève et un dais le surmonte (pl. XVIII). Les faudesteuils, ou fauteuils, de l’époque romane continuent à être en usage : on les nomme souvent aussi des chaïères. Ce ne sont plus des sièges pliants : les pieds sont fixes. La cathédrale de Bayeux conserve, dans son Trésor, un faudesteuil en fer, du XIVe siècle, (fis. 12), avec sangle en cuir et des bras terminés par des boules.
Luminaire. — La cire et l’huile ont été, l’une et l’autre, d’un usage commun pour l'éclairage au moyen âge. C’est seulement, dans les églises que figurent les lustres qui sont faits en bois ou en fer forgé, plus rarement en bronze doré : ils affectent $généralement la forme d’une couronne. Les lanternes sont également connues. Celle de Vézelay (pl. XVIII) est en cuivre battu et les ouvertures sont fermées par des plaquettes de corne ; à l’intérieur, une pique solide recevait le cierge.