CHAPITRE V
de sa dicte sépulture sa bannière, estendard et penon et Técu de ses armes.
« S'il est mort de maladie en blessure estant en faction de guerre, son effigie doit estre armée de cuirace et cotte d'armes, et à costé près de lui son heaume et non pas en teste, ses gantelets auprès et les espérons aux pieds, et dessus sa sépulture il ne doit y avoir que la comète et le penon au plus, et non lé grand estendart.
« S'il est mort pacifique, c'est-à-dire de maladie en sa maison, sa figure rre doit estre à genoux, mais seulement couchée de son long, avec sa cotte d'armes et harnais de parade, le heaume et les espérons à ses pieds et les dits pieds appuyez et posez contre deux petits chiens. »
La Colombière, lui, estime que lorsque le chevalier est mort en guerre dans les rangs des vaincus, on doit le représenter sans cotte d'armes, les mains jointes, les pieds appuyés sur le dos d'un lion mort et terrassé.
J'ajouterai que ces recommandations n'ont pas toujours été fidèlement suivies; les tombeaux du moyen âge offrent de nombreuses variantes.
Un grand nombre de tombeaux représentent des chevaliers ayant un lion à leurs pieds, bien qu'ils soient morts en pleine paix.
Le chien, particulièrement le lévrier, est souvent représenté.
Beaucoup de gentilshommes, représentés en relief sur leurs tombeaux, ont leur femme auprès d'eux; la femme est généralement vêtue d'une longue robe, coiffée selon l'usage de sa province, souvent une cou-
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ronne en téte, les mains jointes et les pieds appuyés sur un lévrier.
Les blasons des deux familles ornent le piédestal.
Souvent le tombeau a la forme d'un autel et l'écu surmonte le couronnement.
Parfois ce sont deux anges qui tiennent Pécu, mais il est toujours apparent et en bonne place.
Les tombeaux des princes, des seigneurs et des gentilshommes construits avant le x e siècle ne sont ornés d'aucune espèce d 1 armoiries. Ceux qu'on a découverts et qui en étaient pourvus avaient été refaits.
Les plus anciens n'ont que des croix et des inscriptions gothiques.
Clément IV, qui mourut en 1268, est le premier de tous les papes qui ait des armoiries sur son tombeau, à Viterbe.
Mais, plus tard, l'usage se généralisa d'armorier les monuments funéraires, et non seulement on grava les armes du chevalier mort sur le marbre, mais encore celles de ses alliances.
C'est ainsi que le tombeau de Gilles d'Estourmel et d'Hélène de Noyelles en est décoré : les deux époux sont représentés couchés; Gilles a un casque pour oreiller, un lion est à ses pieds. Hélène porte un chaperon et une cordelière. Ses pieds s'appuient sur une levrette.
Des armoiries parsèment les habits des deux époux. Les balustres de forme cariée, qui supportent le tombeau, offrent seize quartiers. Ceux d'Hélène de Noyelles sontenlosange; uneinscriptionindiquechaque quartier.
Ce monument en granit noir, conservé à Suzanne en Santerre, est du xvi e siècle.