CHAPITRE V. toj
L'une des faces latérales du tombeau de Marie de Bourgogne, femme de Charles le Téméraire, à Bruges, présente l'arbre généalogique de sa famille paternelle ; l'autre, celui de sa famille maternelle.
Celui de Charles le Téméraire ne présente que les quartiers généalogiques.
Au reste, au temps féodal, le blason du châtelain se voyait partout, sur la porte principale du manoir, sur les pièces de bois des ponts-levis, sur les ogives des corridors, aux plafonds de toutes les salles.
Les armoiries représentées sur les monuments sont souvent de véritables dates, et leur étude est d'une grande utilité pour les archéologues ; elles offrent un intérêt tout particulier par la manière dont elles sont disposées dans les sculptures et les peintures, par les ornements dont elles sont accompagnées, enfin par leur provenance.
Dans les églises, les chapelles, le droit d'armoiries et de litre funèbre appartenait aux fondateurs et aux seigneurs ; la Bretagne est peut-être la province où la disposition des armoiries, dans une église ou dans une simple chapelle, souleva le plus de difficultés.
J'ai dit plus haut comment les scrupules religieux amenaient la modification des tenants.
Des difficultés surgirent souvent à ce propos pour la décoration des édifices, tombeaux, chapelles, vitres et litres des églises paroissiales.
La décoration des cloches par les blasons de leurs parrains ne date guère que du xvi° siècle; mais, au xvn e , cette décoration prit un développement considérable; les Buret et les Cavillier excellèrent dajis ce
genre de travail pour la province de Normandie; ils passent pour les fondeurs des xvn° et xvm e siècles, qui ont le mieux reproduit la gravure dans les inscriptions.
Et non seulement on trouve sur la plupart des cloches Técu du gentilhomme qui les a fait fondre à ses frais, mais encore tous les ornements en usage dans le blason, les supports, les marques de dignité, le collier des ordres.
Souvent les armes de la marraine sont accolées à celles du parrain.
Les litres posées, soit à l'extérieur, soit à l'intérieur des églises, ont souvent plusieurs blasons placés les uns à côté des autres. Ce sont les armes des familles qui ont successivement possédé la terre ou le fief. Il était de bon goût, quand on devenait possesseur à titre quelconque d'un domaine, de respecter les armoiries ornant les litres funèbres et de mettre à la suite celles de sa maison.
Il n'y a donc pas lieu d'être surpris si on trouve des blasons différents sur la même litre.
Sur les litres comme sur les bannières, on ne se sert pas des hachures, puisque les blasons sont peints, ou sont brodés en soie sur les bannières.
Ces bannières, portées processionnellement, sont généralement aux armes du seigneur patron; il en est même qui sont de véritables pennons écartelés et contre-écartelés comme la bannière des seigneurs de Sarcus, dont parle Lainé et qui est, depuis 1793, déposée à l'hôtel de ville de Péronne.
Bien que nombre de cloches anciennes soient armo-