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CHAPITRE VI

née sur le bras; le roi d'armes la portait semée de lis, la couronne sur l'écu.

Les gardes de la manche portaient sur le justaucorps un hoqueton magnifique dont le fonderait blanc, brodé d'or, avec la devise du roi au milieu. Les gardes de la prévôté de l'hôtel portaient également cette devise sur leur vêtement.

La cotte d'arme de nos rois était bleue, semée de fleurs de lis d'or; ils portaient une écharpe blanche; de temps immémorial le blanc a été la couleur désignative de la nation française, comme le rouge celle de l'Angleterre.

Aux funérailles du roi Henri IV assistaient les baillis qui portaient les bannières de satin aux couleurs et aux armes des gouvernements des comtes, et les rois d'armes étaient tous revêtus de cottes d'armes; ainsi Vermandois, le roi d'armes de Picardie, portait une cotte de velours jaune échiquetée d'azur en broderie; Flandre, le roi d'armes du comte de Flandre, portait aussi une cotte de la même couleur avec les armes du comté.

Non seulement les nobles portaient publiquement leurs armoiries brodées sur leurs vêtements, mais ils les faisaient porter à leurs serviteurs.

Cette mode dura jusqu'à Louis XIII.

C'était sur la poitrine et sur le dos que les écus étaient brodés; puis on remplaça ces broderies par des pièces d'étoffes assemblées conformément au blason qu'on voulait représenter, ce qui permit de donner aux armoiries une bien plus grande dimension.

C'est-à-dire que la tunique du page ou du valet était

III L'ART HERALDIQUE.

transformée tout entière en champ d'écu, sur lequel étaient représentées les pièces du blason.

Quant aux armes de guerre, bouclier et cuirasse portaient en émail ou en ciselure le blason du noble auquel ils appartenaient.

Naturellement, le blason jouait un grand rôle dans les cérémonies du sacre; non seulement les parois de l'église, mais les sièges, les bancs, le dais, tout était fleurdelisé. Les habits Tétaient aussi, dépuis le grand manteau royal, le chaperon, la bourse de satin azur, jusqu'aux éperons d'or, émaillés d'azur et semés de rieurs de lis d'or.

Le manteau de la reine était de velours bleu, doublé d'hermine, semé de rieurs de lis d'or; toutefois, les princesses du sang qui l'accompagnaient ne devaient avoir le jour du sacre que trois ou quatre fleurs de lis sur leur manteau.

Les artistes feront bien de se souvenir de ce détail pour le cas où ils auraient à représenter une cérémonie de ce genre.

Lorsque les seigneurs abandonnèrent la mode de porter leurs armoiries sur leurs vêtements, ils prirent l'habitude de se faire précéder de hérauts, de varlets, d'écuyers, de pages, qui portaient non seulement des habits, mais des bannières et des écus aux armes de leurs maîtres.

Outre les costumes armoriés, on portait encore des écharpes dont la couleur aidait à faire reconnaître la province à laquelle on appartenait.

La noblesse de l'Ile-de-France portait du bleu et en faisait porter à sa livrée.

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