CHAPITRE PREMIER
à-dire la pointe en bas et s'ouvrant dans le haut. C'est le même blason retourné. Si le chappé est mouvant d'un des flancs, il prend le nom d'embrassé (fig. 22), soit à dextre, soit à sénestre ; puis le mantelé. c'est le chappé dont le triangle ne s'élève que jusqu'un peu au-dessus du centre de l'écu ; le vêtu (fig. 23), c'est un écu occupé par un grand carré en forme de losange, dont les quatre pointes touchent les bords. Le carré devient le champ, qui se trouve vêtu de tous côtés : de gueules, vêtu d'argent. Le flanqué : d'argent , flanqué de gueules.
Le chappé, le chaussé, le mantelé et le vêtu sont beaucoup plus usités en Allemagne, en Italie, etc. , qu'en France.
Nous allons tout à l'heure passer aux pièces ou figures qui meublent les écus et les quartiers; mais, comme toute chose est prévue et réglée en blason, il convient, lorsqu'on veut indiquer la place précise qu'occupe soit une étoile, soit une fleur sur un blason, de se servir de termes spéciaux; ainsi, au lieu de dire que cette étoile ou cette fleur est placée en haut à gauche, ou en bas à droite, on s'exprime d'après cette division adoptée par tous les héraldistes.
Toute figure qui occupe la place de la lettre A est dite placée en cœur ou en abîme (c'est synonyme);
Celle de la lettre B est au point du chef ;
Celle de la lettre C est à la pointe de l'écu ;
Celle de la lettre D est au canton dextre du chef;
Fig. 15.
Celle de la lettre E est au canton sénestre du chef; Celle de la lettre F est en flanc dextre ; Celle de la lettre G est en flanc sénestre; Celle de la lettre H est au canton dextre de là pointe;
Celle de la lettre I est au canton sénestre de la pointe.
Donc un lézard, par exemple, qui tient tout le haut de Técu est en chef; s'il est en bas, il est en pointe ; si une fleur de lis est au milieu, elle est en abîme (toutefois il n'est pas nécessaire d'indiquer la place naturelle, qui est celle du milieu ; je nomme la place, naturelle, parce que si je dis à un dessinateur: dessinez-moi un écu de gueules, à une fleur de lis cTor. il supposera tout naturellement que cette fleur de lis occupe le centre de Técu; mais si elle est au canton dextre du chef ou, ce qui est un autre tour de phrase exprimant la même idée, si elle est cantonnée en chef à dextre. il est indispensable que je l'indique à l'artiste qui ne saurait le deviner).
Donc voilà qui est compris : une figure quelconque, un épi de blé, une feuille d'arbre, un lapin, un maillet, etc., occupent le milieu de Técu lorsqu'on ne précise pas une autre place à ces objets.
Elles sont nombreuses, ou pour mieux dire innombrables, les pièces qui peuvent entrerdans les armoiries ; mais elles n'ont pas toutes la même valeur, tant s'en faut.
On les divise en quatre catégories :
i° Les pièces héraldiques, que les hérauts d'armes ont composées et réglées;