CHAPITRE VII
échevins de Paris en 1190, donna à cette ville, était semé de fleurs de lis d'or, comme Tétait alors l'écu de France.
Son père, Louis VII, est le premier roi de France qui soit représenté sur le sceau national avec des fleurs de lis à sa couronne.
Son contre-scel particulier représentait une fleur de lis seule, qui occupait en quelque sorte le champ entier du sceau.
Les artistes qui, chargés de la reproduction d'un sceau, verraient sur la cire quelques marques disposées en forme de croissant, ne devraient pas s'en étonner: souvent on mordait la cire du sceau pour y laisser l'empreinte de ses dents. C'étaient les armes de la nation à côté de celles héraldiques. Chose plus singulière, des poils de barbe sont aussi adhérents à la cire de quelques sceaux; c'était pour mieux affirmer leur authenticité.
Les jetons de communautés en plomb, en cuivre ou en argent, sont parfois armoriés, et il est facile de reconnaître, lorsqu'on touche quelques-unes de ces pièces, soit des jetons, soit des méreaux; mais lorsqu'on les voit gravées, il est permis de se demander si on a sous les yeux des sceaux ou des jetons.
Beaucoup de jetons de métiers ne sont pas datés comme le sont ceux des grandes boucheries parisiennes qui remontent à i5j6, et sous Louis XV, il y eut des jetons de métiers, non datés pour les boulangers, les distillateurs, les bourreliers, les jurés, auneurs visiteurs de toile; mais ceux des vitriers sont datés de 1715, comme ceux des imprimeurs-libraires de 1 723 ; les
ai3 L'ART HERALDIQUE.
officiers porteurs de charbon ont les leurs datés de i 732, les inspecteurs de vin, de 1733, les menuisiers-ébénistes, de 1740, les chandeliers et huiliers, de 1750.
Tous les corps de métiers et les confréries donnaient à leurs membres des jetons dont le métal variait, mais qui avaient la forme ronde.
Fig. a + o.
Si le jeton des apothicaires représentait d'un côté saint Côme et saint Damien et au revers une spatule et un bocal avec la date 1 538, d'autres, je le répète, étaient armoriés; c'est pour cela qu'il faut avoir soin de ne pas les confondre avec des pièces de monnaie ou des instruments nobiliaires.
Ainsi le sceau des brodeurs-chasubliers montre saint Louis debout et couronné tenant un sceptre et la main de justice. Le champ est semé de lis; au revers : un galon sur lequel sont placées trois fleurs de lis est posé en pal sur un champ fleurdelisé (fig. 240).
Il y a évidemment lieu de croire qu'il s'agit de toute autre chose que du jeton d'un métier qui relevait de la mercerie.
Les brasseurs ont un jeton de gueules à deux vagues