CHAPITRE IX
de pièces, qui sont d'un usage fréquent en Allemagne. En Brabant, en Hainaut, les armoiries ont commencé à apparaître vers 1 100.
Le plus ancien sceau des comtes de Flandre où Ton voit des armoiries est celui de Robert le Frison ; il date de 1072.
Au pays de Liège, les armoiries fixes n'ont été reçues qu'en 1 1 58.
C'est de la Flandre et du Hainaut que nous vient l'usage des lambrequins autour de l'écu.
Le sinople est l'émail dominant dans les dix-sept provinces des Pays-Bas, et on y voit sur les écus nombre de pals, de fasces, de sautoirs et de chevrons; les lions, les hermines et les fleurs de lis y sont également très employés.
Les supports et les tenants ne sont pas d'un usage bien répandu dans les Pays-Bas; lorsque l'archiduc Albert fit des règlements pour la noblesse de cette contrée, il défendit expressément de mettre des supports aux armoiries à ceux qui n'en seraient pas en possession par suite d'un ancien usage, ou qui n'auraient pas obtenu la permission d'en porter.
Soit que ces règlements eussent été observés, soit que les nobles des Pays-Bas n'eussent pas tenu davantage aux supports, toujours est-il que la plupart des blasons n'en ont pas.
En Espagne, en Portugal, dans les Flandres, les écus étaient complètement arrondis par le bas; mais, de nos jours, beaucoup de peintres et de dessinateurs en héraldique les ramènent à la forme du blason français.
FiR. 265.
Le blason du ministre Pombal était d'ordinaire
ovale; le voici : d'azur, à l'étoile d'or au centre d'un lunel du même.
Peu d'écus simples dans la pe'ninsule ibérique ; on y abuse de l'écartelé et même du contre-écartelé, et comme chaque quartier offre généralement une pièce ou une figure particulière, la vue d'un blason espagnol trouble tout d'abord le regard, qui a besoin de beaucoup d'attention pour se reconnaître au milieu d'une telle diversité d'objets empruntés à toutes les catégories de figures héraldiques, naturelles et artificielles.
Comme l'Italie, l'Espagne offre beaucoup d'armes parlantes et allusives; les pièces héraldiques figurent sur les écus, mais presque toujours accompagnées. Les croix fleurdelisées, les chaînes, les coquilles, les tours, les châteaux, les croissants, les lions, les loups y sont fréquents. Quelques fleurs de lis y apparaissent.
Le besant est aussi une pièce dont l'emploi est fréquent sur les blasons espagnols ; il est appelé basante; on voit que c'est seulement la façon de prononcer le mot qui diffère. Le tourteau se nomme roel.
Parmi les partitions les plus usitées, il faut citer les chappés et les tiercés en mantel.
Si les Allemands ont l'amour du cimier, les Espagnols ont un faible bien prononcé pour les devises; ils regardent la principale ou plutôt la plus ancienne de