CHAPITRE IX. a 4 j
Il en est de même pour les casques qui sont répandus à profusion; ceux qui possèdent cinq ou six cimiers, et qui pensent que c'est beaucoup pour un seul casque r surmontent leur blason d'autant de casques qu'ils ont de cimiers à employer.
Rien de plus curieux que cette rangée de casques à panaches, à plumes, entourés de volets, de bannières, de lambrequins, et sur lesquels sont posés des lions, des vols, des bras, et tout ce que le caprice et la fantaisie peuvent inventer pour la satisfaction de l'orgueil et de la vanité humaine (fig. 263).
Et, à côté de cette multiplicité de casques et de cimiers, les tenants et les supports sont excessivement rares en Allemagne; ils sont à peu près l'apanage des princes souverains.
La forme de l'écu allemand est presque toujours celle de l'écu de tournoi, avec ou sans l'échancrure, et on le pose d'ordinaire obliquement. On le trouve ainsi dessiné dans les vieux traités de blason tudesques; mais dans and Wappen Kalendcr de 1743, tous les blasons allemands qui y figurent sont identiquement pareils aux nôtres.
L'aigle à deux têtes de l'empire allemand ne figure pas dans ses armoiries avant 1410; je l'ai dit déjà.
En Allemagne, les signes représentatifs des émaux et métaux sont les mêmes qu'en France; mais les Allemands ont un métal en plus : le fer, Eisen, représenté,
Fig. 26*.
on le sait, par des lignes diagonales croisées, et la couleur naturelle, naturc-farbe, ainsi représentée (fig. 264).
On nomme l'or gold y l'argent silber, le gueules roth, l'azur blau. le sable schipart\. le sinople grun. le pourpre purpur^ le vair eisenhût. l'hermine hermelin.
En Italie, les armoiries sont très souvent parlantes; la rareté des pièces honorables en est la conséquence naturelle.
On sait qu'on use peu aussi de la particule en Italie.
Le blason y est représenté ovale ou tout au moins affectant des formes arrondies; il est d'usage en Italie de placer son écu dans un cartouche.
Généralement, la pièceprincipale qui le meuble rappelle soit le nom du possesseur de l'écu, soit son état dans le monde ; les tours, les pièces crénelées et bretessées y sont nombreuses; le pal, la bande et la croix sont les pièces honorables les plus usitées.
Les plus anciennes armoiries ne datent pas au delà du xu° siècle.
Il y a beaucoup de pièces de concession, entre autres les chefs de France qu'on rencontre souvent sur les écus des grandes familles de Gènes, Bologne, Milan, Parme, Plaisance, Pavie.
Les aigles, qui entraient jadis dans la composition des armes de la maison de Savoie, sont également très répandues.
On y rencontre aussi beaucoup d'écus montrant des montagnes de plusieurs coupeaux qui indiquent le nombre des fiefs ou des châteaux des possesseurs.
La Belgique et les Pays-Bas emploient beaucoup