‹ L'art héraldiqueChapitre 3 sur 150 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

qui ont, par exemple, une croix, pour pièce principale, on serait surpris du nombre considérable de familles qui, à première vue, semblent avoir les mêmes armes, et cependant elles n'ont aucun lien de parenté entre elles et il n'y a rien de commun entre celle qui porte : d'argent, à la croix d'azur et celle qui porte : d'azur, à la croix d'argent.

Mais d'abord, constatons que l'art héraldique auquel des auteurs, plus ingénieux que véridiques, assignent des origines fabuleuses, ne remonte véritablement qu'à l'époque des croisades. Comme les chevaliers qui s'armèrent pour la défense de la croix appartenaient à toutes les nations européennes, et que, se trouvant souvent en contact, ils avaient besoin de se faire comprendre mutuellement, chacun en apportant un mot particulier à son pays, la langue du blason se trouva formée et demeura telle qu'elle, alors que les croisades étaient abandonnées depuis longtemps.

De même que, de nos jours, les gens de banque et de commerce songent à établir un langage international, dont le volapuk est une expression embryonnaire, de même la langue héraldique, parlée par tous les hommes d'armes, finit par s'implanter dans les différentes contrées de l'Europe.

C'est ainsi que le mot blasonner en français se dit en espagnol blasonar, et en anglais blason.

L'écu, c'est-à-dire le bouclier, du latin scutum, du greeskutos, dérive ou plutôt se rapporte à scoit, armoricain; shtitii. slave; sheitu, russe; skiut, albanais; les Espagnols l'appellent escudo, les Anglais escutcheon.

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