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CHAPITRE PREMIER

Fig. i.

L'écu est la pièce la plus indispensable de toute armoirie, puisque c'est l'écu qui forme le champ sur lequel on représente les figures du blason.

Quelques personnes disent à tort un écusson pour un écu ; le mot écusson ne s'emploie que pour désigner un petit écu placé sur le grand, ainsi qu'on le verra plus loin.

Sa forme a considérablement varié ; l'écu français fut primitivement la représentation exacte du bouclier, sinon le bouclier luimême qu'on imagina de peindre d'une couleur, puis de deux, puis de plusieurs couleurs différentes, et sur lequel chacun pour se distinguer finit par représenter une figure particulière.

Puis il devint à peu près triangulaire. Il en est un autre qu'on désigne sous le nom d'écu en bannière et qui est carré.

Les hérauts d'armes chargés de blasonner, c'est-à-dire d'expliquer les armoiries, ramenèrent tous les écus à des proportions identiques en leur assignant la forme d'un quadrilatère de sept parties de largeur sur huit de hauteur, dont les angles inférieurs s'arrondissent d'un quart de cercle et dont le rayon est d'une demi-partie; deux quarts de cercle de même proportion, au milieu de la ligne horizontale du bas, se joignent en dehors de cette ligne

Fig. a.

H L'ART HERALDIQUE.

et forment la pointe. — C'est Pécu samnite, c'est-à-dire l'écu moderne français (fig. 12 et i3).

L'écu des filles non mariées a la forme d'un losange; plus généralement elles le portent en ovale.

Fig. 3. Fig. 4 .

Les chercheurs, qui ont voulu connaître le motif qui avait fait adopter la forme rhomboïdale pour les

écus des filles, n'ont pu que rappeler l'opinion des vieux héraldistes des temps passés qui prétendent que l'écu représentant chez la femme le bouclier de son honneur, il avait dû prendre la forme en harmonie avec son sexe.

Voici Técu de Jeanne d'Arc : d'azur, à la couronne royale d'or } soutenue d'une épée d'argent croisée et pommetée d'or en pal, côtoyée de deux /leurs de lis d'or.

Et ils invoquent à l'appui de cette opinion l'usage qu'ont les veuves d'entourer leur écu d'une cordelière de soie noire et blanche, qu'elles retirent dès qu'elles contractent un nouveau mariage (fig. 197).

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