CHAPITRE III
Ornements extérieurs des écus, signes indicatifs PROPRES A FAIRE RECONNAÎTRE LE RANG, LES CHARGES, LES DIGNITES CIVILES ET MILI- TAIRES, LES FONCTIONS DES POSSESSRURS d'aR- MOIRIES, COURONNES, CASQUES, CIMIERS, LAM- BREQUINS, COLLIERS D'ORDRES, PAVILLONS, MANTEAUX, DEVISES, CRIS, TENANTS, SUPPORTS, TOQUES, CHAPEAUX, DRAPEAUX, CORNETTES, CROSSES, BATONS, PALMES, ETC.; DE LEUR EMPLOI ET DE L'ABUS QU'ON EN FIT.
Après avoir montré le blason ou l'écu, dit et indiqué les principales pièces et les figures qui le couvrent, et servent à distinguer les armes des particuliers comme celles des nations ou des corporations, il convient de passer aux ornements qui l'environnent et qui servent à compléter l'ensemble de ce qu'on appelle les armoiries.
Ces ornements sont, en général, destinés à faire connaître les dignités, les emplois, les fonctions et le rang de ceux qui s'en servent.
Ils ont pour pièces principales les heaumes ou casques, les couronnes, les lambrequins, les cimiers, les manteaux, les supports, les tenants, les colliers d'ordre,
l'art héraldique. io
I4<5 L'ART HERALDIQUE.
la devise et les insignes ou marques de certains offices personnels.
On appelle timbrer ses armes, couvrir la partie supérieure de l'écu des ornements qu'on a le droit d'y ajouter.
Le heaume était, au xm c siècle, un casque à peu près cylindrique, employé par la noblesse de presque toute l'Europe occidentale, principalement en France et en Angleterre.
A l'origine, le heaume n'était ni à cimier ni à plumes, comme cela se fit ensuite; il ne consistait qu'en une calotte à petits bords, à laquelle on ajoutait parfois un nasal fixe, et qui laissait le visage à découvert.
Le heaume fut fermé à la fin du xin° siècle.
Il n'avait d'ouverture qu'à la hauteur des yeux ou du nez, et parfois un pertuis près de la bouche, pour permettre au chevalier de sonner du cor.
Employé comme ornement extérieur de l'écu, le heaume, ou casque, fait connaître les différents degrés de noblesse et le rang des personnages, selon sa nature, sa position et la matière dont il est composé.
Ainsi, les empereurs et les rois ont seuls le droit de porter le heaume tout d'or, brodé et damasquiné, taré de front, la visière entièrement ouverte sans aucune grille (fig. 248).
Si les uns ou les autres veulent mettre des grilles ou barreaux, ils doivent en élever le nombre à onze, pour se distinguer des autres gentilshommes titrés qui n'en portent jamais plus de neuf.
' Lesprincesetles ducs souverains portent le heaume