CHAPITRE PREMIER
si
eau, fruit, arbre, animal, est d'or, d'argent, de gueules, de sinople, d'azur, de sable, de pourpre, d'hermine ou de vair. L'exception, par sa rareté, confirme une fois de plus la règle.
L'hermine est représentée par de petites croix, lesquelles se terminent par trois pointes qui vont en s'élargissant : d'hermine, au chef d'argent chargé de deux coquilles de gueules.
Il arrive quelquefois que le champ est d'un autre émail que d'argent ou la moucheture d'autre émail que le sable, mais alors il faut spécifier ces émaux.
Lorsque le champ ou fond de l'écu est semé de mouchetures, on le dit tout simplement à' hermine; mais II
peut arriver que ces mouchetures soient en petit nombre: trois, par exemple, alors il faut dite: d'argent, à 3 mouchetures d'hermine de sable.
Si le fond est d'or et qu'on y ait représenté une ou plusieurs mouchetures d'azur, je suppose, on doit l'indiquer.
Fig. i]. Le vair est presque toujours
d'argent et d'azur, il est figuré par plusieurs rangs de petites cloches posées alternativement sur 6, 5 ou 4 rangs ou tires (indiquer le nombre des tires); sur trois rangs seulement on dit : Beffroi de vair.
Le contre-vair s'obtient en aboutant ou retournant les cloches qui se joignent à leur base.
En blason, il est de règle absolue qu'on ne met jamais couleur sur couleur, c'est-à-dire métal sur métal ou émail sur émail.
Ainsi, on ne peut représenter un lion d'or sur un fond d'argent, ou un cœur de gueules sur un fond d'azur. Seules, les fourrures, hermine et vair, ne sont pas soumises à cette réglementation; elles sont considérées comme participant de l'émail et du métal.
Tout ce qui est représenté contrairement à l'observation de cette règle fausse l'armoirie et la rend à enquerre.
Certaines armoiries présentent toutefois cette irrégularité, et elles sont cependant régulières. Voici comment.
Lorsque, par exemple, un souverain octroyait à une ville ou à un particulier, comme une faveur spéciale, le droit d'orner son écu d'une pièce détachée du sien, si elle était d'émail ou de métal, il la donnait et on l'acceptait telle qu'elle; mais alors elle était dite cousue, c'est-àdire ajoutée à l'armoirie primitive. Il n'était même pas nécessaire que ce fût un souverain qui fît cette concession : un chef de famille la consentant à une branche cadette de sa maison, ceux de cette branche l'acceptaient par déférence. Donc, si, par exemple, le possesseur d'un blason dont le fond était de gueules, à rétoile d'argent a ajouté un chef d'azur ou même de gueules, on blasonne cet écu : de gueu'es, à rétoile d'argent, au chef cousu d'azur. Dans ce cas, il est bon que le graveur ou le dessinateur force un peu le trait qui sépare la pièce cousue du fond, pour faire voir qu'elle est pour ainsi dire appliquée sur ce fond.