‹ L'art héraldiqueChapitre 7 sur 150 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ont été publiés depuis le xvi» siècle jusqu'à ce jour.

Les couleurs se nomment métaux, s'il s'agit d'or ou d'argent (jaune ou blanc), émaux lorsqu'elles sont : rouge {gueules en blason), bleu (a%ur), vert (simple), noir (sable), violet (pourpre), ou couleur du corps humain (carnation). La couleur de la terre, des animaux, de tout objet représenté sous sa couleur réelle, à l'exception de celles qui viennent d'être énumérées, se nomme au naturel. Il y a encore deux couleurs supplémentaires : celles des pannes ou fourrures qu'on nomme hermine et contre-hermine, vair et contre-pair. L'hermine est blanc moucheté de noir; la contre-hermine est noir moucheté de blanc, le vair est bleu et blanc, le contrevair blanc et bleu.

La peinture étant le seul moyen employé pour marquer les différents émaux, anciennement on était obligé de les indiquer par des lettres sur les armoiries sculptées sur la pierre ou gravées sur le bois ou le métal ; mais plus ordinairement, on se bornait à annoncer les pièces d'un blason sans parler de leur couleur.

Ce fut seulement vers la fin du xvi e siècle que l'on eut recours aux traits ou guillochis.

L'annaliste Christophe Butkens est le premier, diton, qui les mit en usage.

Donc, alors qu'on n'a à sa disposition que le crayon, la plume, le ciseau ou le burin, on se sert des lignes ou hachures suivantes qui sont employées par les héraldistes de tous pays pour remplacer la couleur ou plutôt pour l'indiquer.

On sait que l'or est marqué par un pointillé.

L'argent, par un fond uni, c'est-à-dire que l'absence

ao

de toute ligne ou hachure indicatrice signifie que le champ ou la pièce placée dessus est d'argent.

L'azur, par des lignes horizontales.

Le gueules, par des lignes verticales.

Le sinople, par des lignes diagonales allant de dextre à sénestre

Le pourpre, par des diagonales de sénestre à dextre. Le sable, par des lignes horizontales et verticales croisées.

Les Anglais ajoutent aux couleurs héraldiques : Le tanné ou orangé (Tenny), représenté par des

diagonales de sénestre à dextre, croisées par des lignes

horizontales.

Le Blood-Colour (sanguine), représenté par des diagonales de dextre à sénestre, croisées par des diagonales de sénestre à dextre.

Les Allemands se servent aussi de cette dernière couleur qu'ils nomment Eisen (couleur de fer), ils la représentent de la même façon.

Enfin, les Allemands représentent aussi la couleur naturelle (natur-farbe) par des lignes en zigzag, allant de dextre à sénestre.

En France, la couleur naturelle pas plus que celle de carnation n'est représentée héraldiquement; mais on la reconnaît, parce que le dessinateur emploie pour la reproduire des ombres, des lignes courbes, comme dans le dessin ordinaire ; au reste, la carnation n'est guère employée que pour représenter soit un visage, un buste, et cela est très rare; quelquefois même un buste ou un homme tout entier est représenté habillé.

Généralement, tout, hors le visage humain, bras,

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