‹ L'art héraldiqueChapitre 94 sur 150 · CHAPITRE III. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. i

gent, surmontée d'une branche du même, on reconnaît le baron préfet. La muraille non crénelée d'argent, surmontée d'une branche d'olivier du même, appartient au baron sous-préfet; de gueules, à la muraille crénelée d'argent, baron maire; à la balance d'argent, baron président ou procureur général de la Cour de cassation. — Si la balance d'argent est nouée de sable, elle est la marque d'un baron conseiller en cour impériale ; si le franc-quartier de gueules est chargé d'une toque de sable retroussée d'hermine, c'est celui d'un baron président ou procureur général de cour impériale ; s'il est chargé d'une épée en barre, la pointe en bas d'argent, c'est celui d'un baron officier de santé attaché aux armées. Trois fusées rangées en fasce d'argent meublent le franc-quartier du baron président de collège électoral, dont le simple membre aie sien chargé d'une branche de chêne en bande d'argent; le franc-quartier, toujours de gueules, chargé d'une palme en bande d'argent, appartient au baron tiré des corps savants, et celui chargé de l'épi de blé en pal d'agent, au baron propriétaire.

Les blasons de l'empire ont souvent une pièce, bande, pal, barre, de gueules, chargée d'une croix d'argent à cinq doubles branches; c'est le signe d'un chevalier de la Légion d'honneur. Si c'est une étoile à douze rais d'or, placée sur une pièce honorable d'azur, elle indique un chevalier de l'ordre delà Réunion.

Toute pièce honorable chargée d'un anneau d'argent indique le titre de chevalier de l'empire.

J'ai énuméré les ornements spéciaux aux blasons des dames conférés par l'empire; voici les signes inté-

rieurs qui font reconnaître ces armoiries fe'minines.

Le blason d'une dame attachée aux maisons impériales ayant le titre de comtesse est chargé en abîme, et sur le tout, d'un écusson d'azur, au portique ouvert à deux colonnes surmontées d'un fronton d'or ; celui des baronnes est de gueules, avec les mêmes pièces, d'argent.

L'écusson d'or, à l'épée en pal renversée de sable, indique une comtesse veuve de militaire; si l'écusson est d'argent et l'épée d'azur, c'est celui d'une baronne.

L'écusson en abîme d'or plein appartient à une comtesse ni veuve, ni attachée aux maisons impériales; s'il est d'argent plein, à une baronne.

En un mot, les armoiries conférées sous le premier empire renferment toutes un signe intérieur destiné à faire reconnaître à première vue le titre et souvent la fonction du titulaire.

Elles sont affranchies de la règle héraldique qui défend de mettre métal sur métal ou émail sur émail; on voit des chevaux de gueules sur un fond d'azur et des chefs d'azur sur un fond de gueules, ad libitum.

On peut dire que la période impériale en matière héraldique n'a été qu'un travestissement de l'art.

Il a peu duré heureusement, et on rencontre peu de reliures aux armes timbrées de toques, peu de portraits gravés, encore moins d'argenterie ; les descendants des titulaires de ces blasons ont conservé les armoiries, mais ils ont remplacé les ornements impériaux par les couronnes et les casques ordinaires, et la plupart des francs-quartiers à dextre ou à sénestre ont disparu des écus revenus aux dispositions anciennes.

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