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CHAPITRE IV

chie ou sous l'empire; en ce moment, c'est une table d'attente (fîg. 236).

Loin de déplorer que les villes aient fait ces modifications et ces changements dans leurs blasons, au risque de produire une source de confusion, j'estime qu'elles ont au contraire fourni des documents d'une grande utilité historique, et fort précieux pour fixer l'âge d'un titre ou d'un monument.

Ce que je regrette sincèrement, c'est qu'on ne se soit pas borné à modifier le cachet de la mairie ou le blason imprimé, en tête du papier municipal, à partir seulement du jour où on opérait les changements, mais qu'on ait cru devoir commettre cette faute impardonnable, qui consiste à faire gratter les fleurs de lis apposées sur le fronton d'un édifice construit sous le règne de Louis XVI ou de Louis XVIII, pour y substituer les abeilles impériales, et plus tard le coq gaulois, ou les initiales de la République. C'est absolument comme si, sur un acte passé en 1788, on biffait la signature du roi pour y substituer celle de l'empereur.

C'est l'anachronisme le plus ridicule qu'on puisse imaginer, et malheureusement tous les gouvernements s'en rendent coupables.

Constatons toutefois qu'aujourd'hui on semble avoir renoncé à ces grattages et surgrattages.

Les armes de la ville de Paris sont redevenues ce qu'elles étaient aux siècles passés.

Toutefois, qu'on n'aille pas croire que, depuis que Paris existe, elles n'ont pas varié.

Sous les Gaulois, alors qu'on ne connaissait pas les armoiries, mais les enseignes, les Parises font frapper

l'art héraldique. ij

L 1 A RT HERALDIQUE.

au marteau des médailles avec un revers représentant un filet triangulaire, dont chaque maille renfermait un petit globule.

Sous la domination romaine, c'est un gouvernail qu'on distingue sur une médaille parisienne.

Sous la première race, c'est une ancre cruciforme qui est l'insigne des mariniers parisiens.

Quand la féodalité s'établit en France, la hanse parisienne a pour blason une barque avec un mât surmonté d'une croix et soutenu par trois cordages de chaque côté.

« Le plus ancien sceau de Paris que j'aie rencontré, dit M. Louis Vian, expert en héraldique, est rond, en cire jaune et appendu sur double queue de parchemin à un chirographe contenant un acte officiel de cette municipalité. Il représente une barque avec un mât surmonté d'une croix et soutenu par trois cordages de chaque côté. Autour on lit en légende :

SIGIL. . RCATOR AQU* PARISIVS.

« La date manque, mais Léopold Delisle, membre de l'Institut, l'a fixée au mois de janvier 12 10. L'architecture du bateau est celle des navettes employées alors sur la Seine pour faire le commerce par eau. »

Au xiv* siècle, le sceau parisien montre la barque originaire ayant quatre agrès, et sa voile ayant à la proue un monstre marin et voguant à gauche; au faîte du mât est une bannière avec trois fleurs de lis.

Au commencement du xv% les armes sont : de... au vaisseau flottant crénelé, sommé d^un pavillon fleur-

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