CHAPITRE V
delisé et accosté de deux fleurs de lis dans le champ.
La première fois que l'on rencontre les armoiries de Paris décrites héraldiquement date de i55o, alors que le roi Philippe-Auguste créa les échevins de la ville de Paris et « donna à icelle » les armoiries qu'elle porte aujourd'hui :
De gueules, à un navire d'argent, le chef d'azur semé de fleurs de lis d'or.
Le 20 août 1 58o, on voit pour la première fois apparaître la devise : fluctuât nec mergitur.
Enfin, le 27 février 1699, la ville de Paris obtint, moyennant cent francs, un certificat de d'Hozier qui l'autorisait à porter publiquement, faire peindre, graver et représenter les armes suivantes : de gueules, à un navire équipé d'argent, voguant sur des ondes de même et à un chef cousu d'azur, semé de fleurs de lis d'or.
Lors de la Révolution de 1789, la municipalité de Paris, alléguant que ses armoiries étaient l'ancien sceau de la Commune, conserva son navire; l'écu ovale fut entouré d'une couronne de lauriers et surmonté du bonnet phrygien.
En 1 792, plus de navire ni de fleurs de lis : un simple écu chargé de l'inscription suivante : Liberté, 14 juil-
let 1789, — Egalité, 10 août 1792, surmontée du bonnet phrygien et entourée de branches de chêne.
En 1793, le sceau représente une femme vêtue à l'antique, la main droite placée sur le livre ouvert des Droits de l'homme, la gauche armée d'une pique que surmonte le bonnet phrygien.
Le 29 juin 1811, par ordre de l'empereur, Paris obtint de porter :
De gueules, à un vaisseau antique d'argent, la proue chargée d'une figure d'Isis assise d'argent, soutenu d'une mer du même et adextré en chef d'une étoile aussi d'argent, au chef cousu des bonnes villes de l'empire, qui est de gueules, chargé de trois abeilles à la fasce d'or.
Le 20 décembre 1817,1e roi Louis XVIII confirma à la ville de Paris l'autorisation de porter les armes qui lui avaient été accordées par Louis XIV (certificat d'Hozier), mais surmontées d'une couronne murale de quatre tours et accompagnées de deux tiges de lis formant support.
En 1 83 1, Louis- Philippe donna Tordre de faire disparaître les fleurs de lis partout où elles se trouvaient.
La couronne murale et ses tours demeurèrent, ainsi que le vaisseau, que chaque artiste fut libre de représenter sous la forme qui lui convenait, depuis la simple barque du pécheur jusqu'au vaisseau marchand ou au bâtiment de guerre à trois ponts.
La République de 1848 laissa les choses en l'état.
Un arrêté préfectoral du 24 novembre 1 853 approuva les armes de la ville de Paris ainsi désignées : de gueules, au navire équipe d'argent, voguant sur les ondes de même, au chef d'azur semé de fleurs de lis d'or ; Vécu timbré d'une couronne murale de quatre tours d'or. Devise : Fluctuât nec mergitur. — La République a eu le bon esprit de les conserver.
Toutefois, le 3i mai 1879, M. Hovelacque, conseiller municipal, demanda que la ville reprît pour ses armoiries le bateau antique de 1200 et supprimât les fleurs de lis.