LA SCULPTURE
La sculpture est l'art de réaliser en relief les formes vivantes et, plus spécialement, de réaliser les formes humaines, sous les trois dimensions de la matière.
Cet art, difficile à sentir, malgré les conditions si précises de sa manifestation, a dû précéder les autres. Si nous demandons à l'ethnologie le résultat de son enquête, elle nous montrera chez le sauvage, la calebasse, le récipient du liquide comme la plus permanente des manifestations primitives. La trace initiale d'industrie humaine apparaît sous forme de débris céramiques.
Esthétiquement, les découpages au couteau des Océaniens, pas plus que leurs tatouages ne concernent l'histoire de l'art. La sculpture naquit de la
religio\i fil a fallu représenter le Dieu), c'est-àdire du temple, et le plus ancien spécimen est ce bas-relief de Sirpoula au Louvre, où une harpiste accroupie frôle des doigts les cordes de son instrument,On peut hardiment attribuer, à quinze cents ans avant Goudéa, cette figure.
Il serait difficile de préciser, si le bas-relief précéda la ronde-bosse ou vice-versa, mais il y aurait lieu de montrer la véritable grandeur des arts égyptiens, assyriens, qui précédèrent de tant de siècles les statues grecques. Soit dans la conception hiératique de l'Egypte, soit dans le naturalisme assyrien, il y a déjà un art inimitable, en certaines parties. La race de Nimroud a prodigieusement exprimé les grands félins qu'elle pourchassait, les sublimes taureaux qu'elle vénérait. Pour rendre à ces civilisations leur gloire artistique, il faudrait entrer dans l'archéologie proprement dite, et au point de vue de l'enseignement, la Grèce l'emporte sur ce qui précéda et sur ce qui suivit, c'est l'histoire de sa art statuaire que nous développerons en exemple.
Quel était ce Dédale de Knosse dont Pausanias a parlé, qu'on fêtait à Platée et à Olympie? et l'architecte du labyrinthe crétois n'est-il pas un de ces mythes que les Grecs se plaisaient à placer