PEINTURE
La peinture est cet art, amplificateur du dessin, qui ajoute, à la ligne et au modelé, les couleurs analogues à la réalité. Donc, esthétiquement, le coloris n'est qu'un surcroît, admirable sans doute, d'expression, mais qui ne suffit jamais à constituer la Beauté d'une œuvre. Ingres disait que le dessin est la probité de l'artiste, parole relative, comme si on affirmait que la foi à la présence réelle est le moyen d'une bonne communion.
Le premier point de la peinture, c'est-à-dire de la couleur, c'est le clair obscur.
Le clair-obscur est la proportion graduée d'une lumière sur une figure ou un ensemble de figures.
Etant donnée une figure, c'est-à-dire l'espace
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qu'elle occupe en hauteur et largeur, pour préciser ses creux et ses saillies, il faut déterminer comment elle se comporte, par rapport à la lumière.
La Joconde qui fut, au dire de Vasari, éclatante des couleurs de la vie, se voit aujourd'hui incolore et ne produit plus que des effets de clair-obscur, mais on est convenu de donner ce nom à un parti-pris violent de l'éclairage fréquent chez Rembrandt, et déjà constitué dans « le Précurseur» de Léonard.
La lumière diffuse, c'est-à-dire indépendante de la scène qu'elle éclaire, appartient exclusivement à la peinture murale.
Elle s'emploie lorsque, les figures d'une composition étant d'une importance équivalente, il n'est pas permis d'en sacrifier aucune pour en souligner d'autres, exemples : l'école d'Athènes et la dispute du Saint-Sacrement.
Rembrandt, qui est loin de présenter à la critique des œuvres orthodoxes, a du moins manifesté une loi de la peint. ire.
La figure la plus qualitative se trouve la plus éclairée, ou mieux encore la figure principale devient elle-même l'élément lumineux de la composition,
Ainsi, sauf cette restriction indiquée tout à
l'heure, qu'on ne doit pas abandonner à l'ombre quelques-unes des figures égales entre elles, comme par exemple les apôtres d'un Cenacolo — dans une apparition divine, c'est Dieu qui doi éclairer.
Depuis la fatale influence de Manet, Fartistt latin a cessé d'employer la distribution de h lumière, comme moyen expressif. Niaisement, 1< peintre, ayant déshabillé un modèle sous des arbres, a vu une peau grenue de chair de pouh marbrée de noir par les ombres portées du feuillage, et il a reproduit avec soin cette laideur, nt comprenant pas que le nu esthétique s'indépendanlise de l'action atmosphérique et qu'il fan rejeter du tableau tout ce qui contredit la beauté
La perspective est l'art d'exprimer la distanc( respective entre plusieurs objets. Elle n'a pas les mêmes lois au pictural et au linéaire.
Picturalement, elle est basée sur ce qu'oi appelle le point de fuite de la couleur, c'est-à-dir^ le point où un ton décroît en sa nuance mineure c'est-à-dire diminue d'intensité.
Le coloris est cette partie de la peinture qu donne à chaque objet sa teinte vraisemblable e l'harmonise suivant une dominante qui doi" produire une impression d'optique sentimentale,