MUSIQUE OU CYNÉIIQUE DE LA BEAUTÉ
Sauf les timbres instrumentaux, dont quelquesuns sont nerveusement associés avec des catégories imaginatives, tels que le cor anglais, le hautbois, les cymbales, la musique n'est pas imitative. Comparez l'orage de la Pastorale aux orages de Berlioz : le premier exprime l'état d'âme des paysans pendant la tourmente ; l'autre veut exprimer le phénomène.
XXXVIII. — Toute imitation d'un bruit naturel est une erreur en ^nusique.
Elle ne doit pas décrire, comme le suppose M. Saint-Saëns qui ne comprenant rien aux poèmes de Wagner, s'avoue incapable de penser autrement que par l'oreille. Esthétiquement, l'art musical se définirait ainsi :
XXXVIII. — L'évocation musicale est la transcriptio7i esthétique d'un état d'âme collectif ou individuel, par les sons.
Cet art ne peut exprimer que l'impression humaine d'un lieu, d'un fait, et jamais, ni ce lieu, ni ce fait. Malheureusement, com'uc la musique est une volupté, en cette matière h. critique apparaît la plus malaisée. Tel qui sent
juste en toute autre question, ici s'égare. On entend rarement dire qu'une musique soit laide, sauf par des techniciens ; le public parisien qui ne perçoit que le chatouillis de l'art, supporte que Sigurd alterne avec la Waikyrie, et préfère la Cavalleria Rusticana à la Flûte Encha?itée. Veut-on une preuve de l'inconscience d'êtres ordinairement conscients? Qui a entendu un confesseur interdire Tinstan et Yseult, ou quelle pénitente s'accuser de l'avoir joué? A-t-on appliqué l'épithète immorale à une autre partition que celle où les paroles parlaient d'amour ! Et le couvent des Oiseaux n'admettrait-il pas n'importe quelle musique, pourvu que ce soit une réduction, piano seul ! Cependant un art aussi physique, a issi substantiel d'action, aussi influent sur l'état nerveux, devrait supporter les mêmes épithètes que les autres. Le public n'a pas vu l'obscénité de l'entr'acte symphonique d'Esclarmonde, non plus que la mysticité de Lohengrin, et je ne doute pas que l'archevêque de Paris laisserait polluer les échos de Notre-Dame par le Stabat de Rossini, tandisqu'il considérera le récit du Graal, comme une œuvre profane.
En cette matière, l'esthétique est encore plus flottante que sur les arts du dessin.
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Avant les chanteurs de Saint-Gervais, qui connaissait Vittoria et maintenant qu'il est connu où Texécute-t-on, où est-on en état de l'exécuter. Paris n'a pas le chœur d'une véritable polyphonie vocale.