‹ L'art idéaliste et mystique, précédé de la réfutation de TaineChapitre 45 sur 46 · L APPEL DU GRAAL · texte numérisé non relu

L APPEL DU GRAAL

Dans^ rèther pur, où ne vibre aucune aile, — au-delà des neuf chœurs et du troisième cieh — il est une splendeur si radieuse et si sublime que nul esprit ne la peut contempler.

Ce feu subtil, cette clarté divine sépare V Absolu du créé.

D'innombrables rayons de ce foyer s' épandent et vont extasier Vâme des bienheureux, ou se prolongent vers la terre, illuminant d'Abst^^ait les génies créateurs.

Quand ces filles du Verbe, les Augustes Idées descendent des hauteurs pour s'incarner ici, alors un hosanna indicible s'élève, et le monde céleste entier est prosterné.

(1) Ecrit après une représentation de Lohengrin.

C'est Vidéal, soleil d'Éternité qui échauffe et féconde de joie et de beauté les saints et les artistes.

Celui qui a reçu le baiser de Vidée repousse la joie vaine des humains ; il est le fiancé de V au-delà vermeil.^ il est le chevalier d'une pure pensée.

S'il fait servir sa magique puissance à satiS" faire de personnels desseins, son front sitôt terni perdra la trace lumineuse du baiser séphirien. Mais si, pieux amant des belles Normes^ il sacrifie sans cesse à rori/lamme sa propre gloire et les joies actuelles que le siècle décerne au félon, alors de Vidéal la force sans seconde le cuirasse et le heaume d'invincibilité ; il n'est plus un mortel, et les anges eux-mêmes Vassistent de leur bras.

De Vidéal le merveilleux mystère fut révélé par Mon Seigneur Jésus, lorsqu'il nous enseigna le sacrifice volontai^'e, le don de soi pour le rachat de tous.

Artiste qui n'as pas appelé sur ton œuvre le rayon du divin, écoute : je révèle ici la récompense promise aux preux de Vidéal. Sais-tu que Vart descend du ciel, comme la vie nous coule du soleil ? Qu'il n'est pas de chef-d'œuvre

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