XII. — La Beauté d'une œuvre est faite de réalité sublimée
XIII. — La mysticité d'une œicvre est faite d'irréalité plastiquemenl produite.
XIV. — L'œuvre réelle de forme, et irréelle d^ expression est pa^" faite : Léonard.
Ces principes, aujourd'hui oubliés, dédaignés, présidaient au génie ancjen,
Se figure-t-on un Paul-Emile demandant à Paris, comme il fit à Athènes, un précepteur, pour ses enfants, qui fût peintre et philosophe.
Évidemment, vers l'an 163 avant Jésus-Christ, les peintres d'Athènes savaient quelque chose de plus que ceux de maintenant.
Platon seul a osé considérer la Beauté cemme un être spirituel, existant indépendamment de nos conceptions : et un penseur injustement oublié, Maxime de Tyr, montre qu'au IP siècle (il vint à Rome, sous Commode) la tradition vivait encore ;
(( Le beau ineffable — dit-il — existe dans le ciel et dans ses sphères. Là, il demeure sans mélange. Mais, en se terrestrisant, il s'obscurcit par degrés...
« ... Celui qui conserve en son esprit la notion essentielle de la Beauté, la reconnaît, dès qu'il la rencontre : comme Ulysse apercevait la fumée qui s'élève du toit ancestral, l'esthète tressaille, joyeux et transporté.
« Un fleuve majestueux, une belle fleur, un cheval fougueux offrent bien quelques parcelles du Beau, mais très brutes.
« Si le Beau est descendu quelque part dans la substance, où le verra-t-on sinon dans l'homme, dont l'âme a le même principe que le Beau.
« ... Aimer toute autre chose que le Beau, c'est ne plus aimer que la volupté.
« Le Beau est quelque chose de plus vif, il ne donne
pas le temps de jouir, il extasie. Notre âme exilée sur la terre, enveloppée d'un limon épais, est condamnée â une vie obscure, sans ordre, pleine de troubles et d'égarement ; elle ne saurait contempler le Beau ineffable avec énergie et plénitude. Mais notre àme a une tendance perpétuelle vers l'ordre, vers la beauté. L'ordre moral ou spirituel, de même que l'ordre physique ou naturel, constitue ce beau avec lequel elle a une éternelle sympathie. »
Voici donc un philosophe qui légitime les appellations de l'art : « idéaliste et mystique. «