V. — La Beauté du Père s'appelle Intensité
La Beauté du Fils s'appelle Subtilité.^La Beauté du Saint-Esprit s'appelle Harmonie.
1 Aux traités de V Amphithéâtre des sciences mortes ^ la Bubtilité s'attribue toujours au Saint-Esprit et Tharmonie au Fils.
Dans le nonde animique l^harmonie suprême se réalise au Genaoolo et au Culvaire.
Dans lo monde intellectuel, la subtilité qui pourrait se déû* nlr la simultanéité de tous les rapports^ appartient à la trol« lita»'perioand«
Locsqu'oo dit uïii# ehose idéale, on lui attribue riotemtéjla «lublilité at rharmonie eoDceptibba ; et l'art considéré dans son essence se définira :
VI. ;r- Lp ppint esthètigt^e d'une forme est le point d'apothéose, c'e^téhdirela réalmtian qui rapproche de V absolu conceptible.
^ll.r^V Intensité réalisée s' appelle le sublime. Le sublime s'obtjent par Texoès d'une des proporr tions et opère sur Te^ithète par l'étonn^ment : tels, |e surbaisçement des temples d'Orient et lei surélévation des églises ogivales ; tel, Mipbel-Ange en ses deux arts.
VIII. — La Subtilité réalisée s^ appelle le Beau; le Beau s'obtient par la pondération et l'équilibre 4iBs rapports les plus immédiats : telles, l'œuvre d'Àtbi^p^j» et eelle d^ Raphoil.
IX. — VHarmonieréalisées'appellePerfection et s'obtient par la poadération et l'équilibre de tous les rapports, même les plus asymptotei ; telJle l'œuvre de Léonard de Vinci.
Lfs Rose Groi^ classent toptes les aatégoj'iaa de Tentendement comme autant de tubdiviaioni jl'jUQd jMi^t.iQiiBfli 4 ii «héaiicie I et tari
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idéaliste et mystique^ malgré son titre afférent aux seuls Beaux-Arts, prétend à valoir,en annexe, des Sommes et des Manrèze.
Au cours de ces pagesJ'Art est présenté comme une religion ou, si l'on veut, comme cette part médiane de la religion, entre la physique et la métaphysique.
Or, ce qui distingue une religion d'une philosophie, c'est le dogmatique : la subordination de l'individualisme à l'harmonie collective.
Quel est le dogme applicable à tous les arts du dessin ? Quelle est l'essence de l'Art? Et comment définir l'Art lui-même.
X. — L'Art est V ensemble des moyens réalisateurs de la Beauté.
XL — La Beauté est V essence de toute expression par les formes. Les technies ne sont que les modes aboutissant.
Si la Beauté est le but, l'art, le moyen, quelle sera la règle ! L'idéal.
Ouvrez un Littré à ce mot : « Idéal ; ce qui réunit toutes les perfections que l'esprit peut concevoir. >
L'art wéaustb bst doKg Celw qui «ttnriT dàni
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tJNiS ^ËtJVRI TOUTES LES PERFECTIONS QUE l'eSPRIT PEUT GONGETOIR SUR UN THEME DONNÉ.
On comprend déjà, qu'il y a des thèmes trop bas pour qu'ils suscitent aucune idée de perfection : la peinture d'histoire ; la militaire ; toute représentation de la vie contemporaine privée ou publique ; le portrait des quelconques ; les paysanneries ; les marines ; Thumorisme ; Torientalisme pittoresque ; Tanimal domestique ou de sport ; les fleurs, les fruits et les accessoires.
Quelles perfections se peuvent concevoir à illustrer un manuel ; à esseuler un factionnaire ; à faire défiler des mineurs ou des clubmans ; au visage de Bonhomet ; aux peinards de la terrô comme de la mer ; aux anecdotes, à FAlgérie, cet Orient marseillais ; aux vaches et aux chiens, aux chrysanthèmes et aux melons, aux aiguières? Quelles perfections se peuvent concevoir à ces choses ?
Pascal se Test demandé^ en une exclamation lumineuse : c Quelle vanité que la peinture qui veut nous forcer d'admirer la représentation des choses dont nous dédaignons la réalité 1 »
Si nous rapprochons de l'auteur des Provins eialee l'auteur de ParHfal^ nous aurons élucidé toute la matière. ^ ^
Wagn,er dit dap^ i;in d,e ges jécrits théprique? : « L'Art «ommence, là même où finit la viç.»
G^r, }a même femme, que la çonc]apiscence s^lue d'un désir, ne solliciterait pa^ l'admiration, p^r son louage reproduite. Voilà pourquoi, à la prei)[iière épithète : idéaliste, j'ai dû en ajouter une autre : et mystique.
Or, myst^qu^ veut dire quotient du myçjtêre ;
Il ne suffit pas qu'une œuvrj3 satisfasse l'idée ; il faut encore qu'elle détermine upe impressjipn d'au-4e}à ; il faut qu'elle soit un tremplin d'enthousiasn^e, un déterminant de pepsées. Gpqéfrale.ment, le Titiep est idéal, jamais mystique ; le contraire apparaît chez les Trecentisti, toujours mystiques, rariement idé^f^.
Xir. — La Beauté cPune œuvre est faite de réalité sublimée*
XIII. — La mysticité dHune œuvre est faite cP irréalité plastiquemenl produite.
KIV. ~ L'ceuwe réelle de forme^ et irréelle ^eoopreasion est parfaite ; Léonard.
Ces principes, aujourd'hui oublijîp, 4.éîlpigniJf, l^résidaient au génie ancien*
niofdit DK ù BË^tJiîÉ fia
Se égure-t-on un t^aul-Émile demandant à Paris, comme il fit à Athènes, un précepteur,pour ses enfants, qui fût peintre et philosophe.
Évidemment, vers Tan 163 avant Jésus-Ghristy les peintres d'Athènes savaient quelque chose de plus que ceux de maintenant.
Platon seul a osé considérer la Beauté cemme un être spirituel,existant indépendamment de nos conceptions : et un penseur injustement oublié, Maxime de Tyr, montre qu'au IP siècle (il vint à Rome, sous Commode) la tradition vivait encore ;
« Le beau ineffable — dit-il — existe dams le ciel et dans ses sphères. Là, il demeure sans mélange. Mais, en se terrestrisant, il s'obscurcit par degrés...
« ... Celui qui conserve en son esprit la notion essentielle de là Beauté, la reconnaît, dès qu'il la rencontré : comme Ulysse apercevait la fumée qui s'élève du toit ànceétral, l'esthète tressaille, joyeux et transporté.
« Un fleuve majestueux, une belle fleur, un cheval fougueux offrent bien quelques parcelles dû Beau, mais très brutes.
« Si le Beau est descendu quelque part dans la substance, où le verra-t-on sinon dans l'homme, dont r&me a le même principe que le Beau.
€ ... Aimer toute autre chose que le Beau, c'est ne plus QÏmet que la volupté.
(< Le Beau est quelque chose dô' pfus vîf^ il Ué d'émue
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pas le temps de jouir, il extasie. Notre &me exilée sur la terre, enveloppée d'un limon épais, est condamnée à une yie obscure, sans ordre, pleine de troubles et d'égarement ; elle ne saurait contempler le Beau ineffable avec énergie et plénitude. Mais notre &me a une tendance perpétuelle vers Tordre, vers la beauté. L'ordre moral ou spirituel, de même que Tordre physique ou naturel, constitue ce beau avec lequel elle a une éternelle sympathie. >
Voici donc un philosophe qui légitime les appellations de Tart : « idéaliste et mystique. »