‹ L'art idéaliste et mystique: précédéde la réfutation de TaineChapitre 13 sur 48 · XV. — LHdéalj c'est V apogée dune forme · texte numérisé non relu

XV. — LHdéalj c'est V apogée dune forme

XVI. — La mysticité d'une forme^ c'est son nimbej sa contenance dC au-delà.

La forme belle en soi-même, idéale, est susceptible d'une augmentation d'intérêt : comme le dit Maxime de Tyr,en sa vingt-cinquième dissertation:

« La Beauté du corps ne peut être la beauté par excellence, elle n'est,en quelque façon, que le prélude d'une beauté plus accomplie. »

Dans chacune des trois formules de la Beauté, il y a encore trois degrés, comme il y a trois éléments dans Thomme,

THiOig» DI LA BJSAUTÂ llS

L'intensité^ la subtilité et Tharmonie donnent lieu à trois résultats esthétiques.

Le sublime peut être physique, comme dans le torse que palpait Michel- Ange aveugle ; animique, comme dans le Laocoon ; spirituel, comme dans le

Génie du repos éternel (Louvre).

La subtilité physique s'appellera TArès Farnèse ; la subtilité morale, le Mosé ; la subtilité intellectuelle, la Niké de Samothrace.

L'harmonie physique se voit dans la Milo ; l'harmonie morale, dans les chambres ^VhdiTmonie intellectuelle dans le Cenacolo de Léonard.

Le raccordement de l'esthétique à la théologie semblera peut-être gratuit à des chrétiens indignes d'être païens ; toutefois, pour les convaincre, on choisit ses preuves suivant les esprits visés, et le 26® verset du chapitre 1 de la Genèse va déposer synonymement à la version d'Eleusis :

26. — Les êtres délégués de VÈtre (Elohim) concevant leur œuvre créatrice décrétèrent qiùe Vadamité (humanité) serait réalisée (dèlinéée) d après leur ombre portée.

Les Elohim étaient des esprits, des émanations individualisées de l'essence, des Anges,

ftl l'art IBtàLMMT Kf YftflOUI

L'oRibre étfliH tifaë déeMsiaiidë par fttppôrt à la lumière, l'ombre de Tess^nce dèffft la stiMâHôer, eémme l-<imbre de ta sdbstoacô ne peut être (j[ue lar matière.

Les dinq^d et eetix ^i fcmt paftre les shâpleBy ayant pour devoir de matértaliser le mystère, afin de le sentir èine pouvant i^e hausser, amoindrissent les nèrtidhs jusqu'à eux,* déclaraM, aussi bien dans siint Jérôiiïe que dans lès veréionë protestantes, 1& cMation de TbOfinme à l'iËUàge de Dîeu.Lat mx)ind^e connàissaMe ditf génie hébralifdef les aurait empèehés de voir la persefnti^é dé Dreu dans tfn nom à désiiienée de phiralité.

Il résulte de saint Denis 4«e les esprits cirésltè^rg^ appartenaient h Yttie des deririères hiérafrchies, et cèlsK se eonçoîty étani donnée la relative bafssesse^ de la lonctiott ; car le GoàmôS et l'Adâ^mlté appa^ raissent peu de chose en faoe de la série spirituelle, pour n'en nommer qu'une.

Leprcytotyp'e^de Fbomme^ roi duiâtondè sensible, c'est rangé. *

La M d'évo4îitîon, qui nous montré toutes les séries créées devenant créatrices à leur tour d'autres séries, enseigne le devoir de l'expansion,

(1) De VAndrc^fief'^mkie |>lâ»ei^,l Vol. 10: V9^{ièàÉàé^:

' THioiàii DE ii HjLvtÀ iil

soùs peine ae néànl II! découle dh iëiië ààcré un dogme qui gouverné à fa fois ta peinturé ei là sculpture et toute représentation humaiùe ; polir avoir proféré ce dogme sôùs ùiie forme assimilable aux cerveaux anémiés' de ce iemps, j'ai été étrangement accusé, comme le furent mes maîtres : Léonard et Wagner. Si notre triste époque ne peut faire d'autre écKo â une vérité qu'une calomnie, c^est elle qui se désbonôrè.

XVII. — On pourrait définir la beauté, là recherche des formes angéliques.

Or, cette forme spirituelle, dont nous sommes l'ombre substantielle, nul ne la concevra, sans un caractère de jeunesse, en l'élevant également au-dessus des deux sexualités.

XYIII. — Vandrogyne^ c'est-à-dire la jeunesse également distante du mâle et de la femelle, apparaît le dogme plastique.

Où connaît M légende grecque sur l'origine <ïès arts dû dessin. A la veillée d'adieu, la fille de Dibutadé, potiei^ de Sicyone, pour garder l'imagé du cher être qui allait partir, délinéa son ombre ftlté6 éd 6l)â.rbôn sur la blancheur ê\x mur.

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Ainsi, pour que reste en notre âme le souvenir fervent de notre angélique origine, il nous faut, les uns par l'œuvre, et les autres par la compréhension de l'œuvre, entretenir notre entendement et nos sens même, du désir de retourner un jour auprès de ceux qui nous donneront le parfait amour, comme ils nous donnèrent la réalité et la vie. Et maintenant, de cette sphère des harmonies spirituelles^ abaisserons-nous nos regards sur les chopes d'un Manet, laraiedeChardin, les dindons d'Hondekoeter, les casseroles de Ealf, les figurants de Meissonnier ?

Un esprit cultivé, une fois amené sur les hauteurs de Tart véritable, ne tarde pas à découvrir l'ignominie de l'art sans beauté, ce pendant de la parole sans pensée.

On croit communément que l'esthétique est une branche de la littérature ou de l'érudition : même pour ces esprits inférieurs qui ne s'élèvent pas jusqu'à la foi, l'esthétique doit leur paraître la philosophie de sentir ; et^ comme ce que nous appelons plaisir emprunte sa catégorie à un inverse que nous appelons souffrir, ainsi le Beau ne saurait être perçu, que par son antithèse radicale, le Laid.

Revenons aux définitions antérieures et relevons

THiORn BS Là BlÂUTi 119

les trois caractères attribués à la Beauté : Tombre n'étant que l'absence de la lumière, la Laideur a trois informes, trois manques : manque d'intensité, manque de subtilité, manque d'harmonie.

Si Ton m'objectait le bestiaire du Moyen Age, les gargouilles, les dragons, les chimères, je répondrais qu'elles rentrent dans l'intensité, et qu'elles ont le double caractère de la forme réelle en ses parties, et irréelle en son ensemble.

Je crois avoir établi que la Beauté est une des trois façons humaines de concevoir la Divinité, et j'appelle les sept arts nommés beaux entre tous, les sept modes expressifs de la Beauté.

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