‹ L'art idéaliste et mystique: précédéde la réfutation de TaineChapitre 17 sur 48 · L'ÉCRITURE DES FORMES OU DESSIN · texte numérisé non relu

L'ÉCRITURE DES FORMES OU DESSIN

D'après le Bêre^chit, l'Art aurait commencé par le dessin ; les Œlohim apparaisseDt,projetant leur ombre, pour élaborer la forme humaine.

L'Art commence par la ligne, cet abstrait ! J'arrive tout de suite au plus secret de la question.

ApelleS) venant exprès de Rhodes pour voir Protogènes et ne le trouvant pas, traça une ligne sur un panneau blanc. A peine Protogènes revenu vit-il ce contour qu'il s'écria : « Apelles est venu »; et il traça un contour encore plus pur. Mais Apelles revint et redessina d'une façon incomparable et définitive. Pline a|pute qu'il a vu C6 panneau fameux, trè» effacé, dana le pakue dMf Céiarsi sur le mont Palatiui

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Or ceci, incompris de tous les peintres vivants, démontre qu'il y avait une initiation des Beaux- Arts comme une des sciences ; et on pourrait la restituer avec un peu de temps.

On sent, en effet, un mystère dans le dessin, qui ne peut résider ni dans le modelé, ni dans la perspective.

Philostrate, biographe d'Apollonius de Tyane, dit : a Les premiers peintres de l'antiquité ont peint avec une seule couleur et rien n'empêche qu'on ne distingue dans de pareilles peintures les formes, les caractères, les passions Avec un crayon blanc, vous pourrez pourtraire un nègre : la forme de son nez, de ses cheveux, de ses joues, de son cou, le noircira à vos yeux. »

Le dessin est la seule partie longtemps vivante de Fart; les peintures du Pœcile par Polygnote durèrent neuf cents ans ; mais si le coloris parait un élément qui ne peut rester stable, la ligne, elle, demeure la partie immortelle du dessin.

XXIX. — La ligne est la philosophie de VArtf elle ne doit pas dépendre du tempérament de Vartiste\ la ligne est dogmatique : c'est Vim^ muable théologie de la former

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Le dessin, graphisme des formes extérieures et sensibles, s*opère par trois procédés partiels qui sont : la ligne, le modelé et le clair-obscur. La ligne est le plan en largeur et hauteur d'une forme, quant à son profil.

Le modelé est la mensuration en profondeur et en saillie des parties d'une figure.

Le clair-obscur est la proportion graduée d'une lumière sur une figure ou un ensemble de figures.

La ligne en soi, aussi abstraite que l'alphabet, n'existe pas dans la nature ; littéralement, c'est un idéogramme, le hiéroglyphe qui pour l'intelligence humaine traduit le monde sensible ; c'est donc la partie la plus élevée, la seule indépendante de la technie et où le génie se peut montrer ; tout le reste appartient au talent. Si les formes n'étaient que des surfaces plus ou moins planes, la ligne suffirait à les exprimer ; mais les formes, comme toute substance, occupent un espace sous les trois dimensions. Voilà pourquoi cette définition seule vaut: le dessin est l'art d'écrire, au moyen des formes vivantes traitées par le procédé abstrait de la ligne, augmenté du modelé.

Il est donc illogique de considérer le dessin comme une partie de la peinture, puisqu'il la

génère. Esthétiquement, le modelé suffit à expri-> mer les courbes et les rondeurs des formes.

Le corps humain est la principale et devrait être la seule matière où le dessin s'appliquât. L'homme ou microcosme incarne la synthèse de l'uniyers ou macrocosme, il est Fapogée du monde sensible ; il semble, d'après le texte de la GenèsOi que toute la création animale n'ait été qu'une échelle ascendante pour aboutir à l'homme.

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