DE L IMITATION
Tout mouvement représente une cessation actuelle de Tunité, puisque le mouvement ne peut être qu'une extériorisation de la substance. La philosophie divise les phénomènes de la vie, en phénomènes proprements dits et en noumènes.
Or la combinaison de ces deux éléments, — l'être intérieur en présence de, l'extériorité — est le premier événement à résoudre pour Fartiste. Forcé à chercher hors de lui les éléments expressifs de sa pensée, une compétition a lieu entre sa vision intérieure et sa vue du réel. On pourrait même homologuer la vision intérieure à Fange, et l'extériorité au diable, en ayant soin de concevoir le démon d^une façon ésotérique, c'est-à-dire d'une façon pieuse et admirative*
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La nature n'est ni une ennemie, ni une amiey c'est un ensemble de lois vivantes et de manifestations logiques : et, précisément parce qu'elle évolue d'une sorte invariable, elle possède une force effective, elle dégage un particulier vertige, contre lesquels l'artiste doit réagir. Mais, de même que la femme, qui représente toute la nature sous un petit volume, a pour norme de dissoudre les éléments m&les imparfaits, ainsi la nature représente un élément probatique de la virtualité de Tartiste. Celui que sa palette éblouit et qui s'aveugle de ses couleurs, au lieu de continuer de voir à travers elles sa conception; celui qui s'enivre de la proportion humaine, et ne voit plus, à travers les membres humains,râme qu'il leur avait destinée, — ceux-là sont des faibles, et c'est surtout en art que les faibles doivent mourir.
Nahash? Kundry! double nom de la même torce, double allégorie du même péril, double énigme qu'il faut deviner ! Hélas ! aucun sphinx trucidateur ne garde les avenues qui mènent au Temple de Beauté. Les bêtes chimériques ont été relevée» de leur faction auguste ; et dès lors rhomme, épris de sa propre bassesse» aimant mieux renoncer à son rêve qu'à sa vaiM gloire^ i*eit mii^ passif et i&conici«Qt^ soiifi^ I# tm^oom^
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ment des extériorités ; il a produit des choses qui ne ressemblent qu'aux choses et qu'un ange ne daignerait pas regarder. Nos conceptions sont certaines, permanentes ; elles peuvent concorder aux formules testamentaires des génies, tandis que nos perceptions, subordonnées à notre double diathèse du corps et de Tâme, ne sont souvent que des symptômes de maladivité, de pathologiques fantasmes.
L'artiste a donc à lutter, surtout contre le modèle, et voici comment il doit procéder, qu'il s'agisse de n'importe quel art. Une fois enceint d'une idée, il en cherchera la composition, le mouvement et l'expression par le dessin, fût-il informe. Quand il aura composé entièrement, arrêté la plastique et l'expression, alors seulement il fera venir devant lui le sujet destiné à un rôle de métronome, pour la proportion et Téclairage. Une règle absolue c'est que la tête doit être toujours composée en dehors de tout élément vivant devant soi , de même, les pieds et les mains seront dessinés intentionnellement, avant d'être vérifiés.
Je n'ai jamais vu un seul modèle qui donnât led lignes de style, et comme c'est aux modèles pro« ^sionnels que Tartiste foroémeat a^adresse, il ne
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doit pas les voir, avant que ses lignes ne soient fixées. Ainsi armé de son schéma et résolu à n'en pas modifier autre chose que les écarts de proportion et les logiques de modèle, l'artiste s'approchera impunément de la nature, désormais servante de celui qui a su vouloir, hors de ses suggestions. On raconte que les peintres anciens composaient leur Vénus en interrogeant toutes les beautés des femmes d'une ville. Ce conte enfantin calomnie Tartiste grec et, ce qui est plus grave, les mages grecs. En ces temps glorieux, on livrait au méritant les lois traditionnelles de son art, et, par conséquent, on lui enseignait à créer ses formes et non à les copier.
Rien dans la nature n'apparaît à Fétat esthétique, car la sensation qui résulte d'un site, d'une peau de rousse, est basée dans le premier cas sur l'état d'âme du spectateur et son idiosyncrasie Imaginative, dans le second sur la concupiscence. La copie de ces réalités, ne donnerait pas leur sensation, il faut donc que l'artiste ajoute son imagination à l'un, à l'autre son désir.
L'art est susceptible de recevoir toutes les impressions de la réalité, mais jamais les formes de l'exacte réalité.
Toute Teithétique oseille entre deux pointe de
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rendu : l'individu et le type, c'est-à-dire.ce qui se rapproche le plus du collectif sériel et ce qui s'en éloigne davantage. Le type régit tout le domaine inférieur, les êtres rudimentaires et de métier ; l'individu ne commençant qu'à la pensée ne s'applique qu'à des concepts d'au-delà.
Mais je craindrais d'ouvrir une échappatoire aux réalistes, et je dois leur préciser les lois typiques.
Le type est la figure synthétique de tout un collectif sériel ; et, pour signifier une série, il faut dégager la figure de ce qui la date et la localise ; par conséquent, le nu ou la draperie sera la condition typique même pour l'ouvrier, même pour le marin, même pour le soldat.
DE LA NATURB
L'œuvre d'art se compose de l'artiste lui-même soumettant la nature, mais se soumettant à son tour à l'influx divin. Une œuvre, exprimant un pathétisme d'âme, à travers une forme convenante, ne réalise que sous deux espèces le grand destin ternaire de l'œuvre d'art. « Il faut qu'on sente la vie », disent les uns ; « il faut qu'on sente l'âme», disent mieux les autres ; (( il faut qu'on sente Dieu, disons-nous ». L'œuvre d'art qui ne suscite pas des pensées afférentes à l'au-delà n'a pas atteint son but, celui de toute chose créée, rendre témoignage à la lumière. Quiconque n'aurait pas encore souscrit à la conception religieuse de l'art tarde trop à rejeter cet enseignement, puisqu'il îi'a pu le comprendre. Vraiment, serait-ce la