DE U GLOIRE
par lequel le public, séduit, met au pavois un homme, sans valeur véritable.
Prétendre que le jugement des siècles soit équitable, ce serait oublier qu'il s'agit d'un jugement humain, et que la mémoire universelle retient peu de noms.
Combien sont-ils qui connaissent Melozzo da Forli, ce radieux génie, et Signorelli, ce Michel- Ange antérieur à l'autra presque d'un deraistècle ? Qui se doute, parmi les rédacteurs de la critique d'art, d'un Bénozzo Gozzoli, ce prodigieux artiste ? En sont-ils moins grands, et la gloire consiste-t-elle à être connu de tous, ou adoré de quelques-uns?
La pratique répond nettement qu'il n'y a aucun plaisir à être connu du nombre, et que seuls les
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le» séparer ici, malgré l'avis wagnérien. L'œUvre d*art,à peu près toujours^dépasse eelui qui la produity au lieu que les lettres n'expriment jamais complètement Técrlyain, à cause de la surabondance d'idées conscientes qu'il lui faut, tandis que l'homme du dessin œuvre en un demi-somnambulisme.
Veut-on savoir la plus solide base d'une éternelle renommée ? qu'on cherche ce qui survit aux race9 et aux cités : leur religion ; et, dans la rdigion, cette partie semblable en tout temps, en tout lieu, Tésotérisme, patrimoine commun, diversifié par les symboles, mais permanent à travers la variabilité des formes.
La gloire consentie du petit nombre est sûre ; et vraiment les génies ont étonné tout le monde ; mais, parce que ce sont des génies^ il» n'ont pu être compris de beaucoup.
La difficulté se voit à la spécification de cette élite ; on ne saurait la composer de professionnels, ni de littérateurs, ni de philosophes et ceux qui prétendent à Testhétique sont bien divers et diver^ gents d'opinion.
c Le beau est ce qui plait à la vertu éclairée, » a dit quelqu'un, définition superQçielle et qui ne guide pa&t
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t>lu8 sûres que tes avis des vivants, les œuvres des graods morts sont là pour avertir de ce qui rapproche ou détourne une œuvre de sa perfection. Les chefs d'œuvre sont les pierres de touche où l'artiste éprouvera par comparaison la valeur de ce qu'il produit; et qu'il soit persuadé que continuer la version de beauté d'un maître, c'est conquérir aussi quelque chose de sod immortalité. La gloire obtenue par une chevalerie d'idéal, la gloire où l'on parvient dans l'armure complète de son idée, la gloire méritée par des prouesses, des faits d'œuvre aux tournois du réel, est une chose auguste et d'un salutaire exemple. Mais celui, coartisan de son époque, complaisant de 9on mauvais goût, valet de ses manies, qui conquiert de honteuses palmes, au prix du sacrilège et de la profanation, celui-là sera balayé par les réactions du goût.
Il faut choisir entre son temps et le temps, entre son siècle et les siècles, entre sa patrie et l'univers, entre maintenant et toujours ; et, comme je pressais tout à l'heure l'artiste de se décider et franchement de s'avouer, ou aspirant à la prêtrise ou emporocratiqu» ; ja U presse d'opter entre rimmédiatitâ du succès et la glorîeuH ■urrle, mtn h vogue it U thî Ikiritr.