‹ L'art indienChapitre 102 sur 160 · Birwood, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Birwood, loc. cit., p

vétues d’étoffes, aux poupées du Coromandel compleétement faites de bois enduit de pate et peintes, Encore que ces derniéres prennent parfois, dans leur raideur, dans la rigidité de leurs contours ot les pagnes tombent toujours sans plis, quelque chose des figures théoriques de l’Assyrie ou de l’Egypte, elles ne valent guére au dela de lutilité du document. Au point de vue de l’art absolu — mais considéré aussi dans sa formule la plus étroite — elles sont impuissantes a reproduire la vie, Vexpression, Vindividualité, ou a donner la notion, méme simpliste, de la forme. Une ignorance absolue de l’anatomie, des allures, des aplombs, des proportions, éclate dans ces statuettes. On sent que ces braves Hindous font leur métier sans Vaimer, ils n’aiment pas la forme davantage, et leur pouce ne se proméne pas avec amour, comme celui du véritable artiste sur la terre qu’il modéle tout en croyant caresser la forme idéale qui semble toujours fuir sous ses doigts. Cette forme elle-méme n’existe pas pour eux. La premiére chose qui leur manque est assurément le sens plastique. Consciencieux et appliqués, ils accomplissent, dans toutes leurs minutieuses formalités, les divers actes du métier qu’ils exercent de pére en fils, depuis des siécles peut-étre, sans que la vie dun seul jour leur ait apporté une observation de geste ou d’attitude dont ils pourraient profiter. Et c’est avec beaucoup de raison qu’on a reproché aux Hindous de manquer de l’inspiration véritable dans J’art plastique. « Ils semblent, a dit Birwood, n’avoir aucun gout pour la sculpture. Ils atteignent seulement a une reproduction littérale de la forme de homme et des.

LES ARTS DECORATIES. 209

animaux, dans le but de faire des joujoux et des curiosités presque exclusivement destinés 4 étre vendus au peuple anglais... Les représentations, méme de leurs dieux, se distinguent seulement par leurs attributs et par les monstruosités symboliques de leur constitution physique, et jamais par une expression quelconque établissant un caractére individuel ou personnel?.» I] ne faut pas oublier cependant qu’un pareil reproche peut écre adressé a l’art religieux, dans les ceuvres courantes, en tous pays, surtout dans ceux qui, comme l’Inde, sont attachés 4 un rituel formaliste, toujours exact et absolument conventionnel. Dans le fond, l’Hindou n’a jamais su se dégager de lart religieux, c’est 1A toute Vhistoire de sa grande et petite sculpture. 5;

Les animaux, eux-mémes, sont traités d’une facon conventionnelle et théorique. Les fabricants de figurines en bois ou en carton peint leur donnent, pourtant, en général, une silhouette ayant du caractére, et toujours une véritable élégance. Mais une fois que la béte est exécutée, ils la chargent de harnachements bizarres ou font courir sur ses flancs des ornements polychromes qui produisent de singuliers effets. Eléphants, chevaux, vaches, antilopes a bézoard, ou toutes autres bétes, sont harnachés, houssés. Et l’on pense, a voir ces figurines ornées et luisantes, a des réductions de chevaux de bois, tels qu’on les voit dans nos foires. Le rapprochement, d’ailleurs, n’est pas Veffet du hasard, lorigine ici est commune. Les manéges de chevaux de bois primitifs sont une invention orientale;

Page 1