‹ L'art indienChapitre 101 sur 160 · DU SIND · texte numérisé non relu

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dimensions, car la plupart sont trés petites, au contraire de celles adorées dans les pagodes. La, les statues sont toujours d’assez grande taille; notamment celles de pierre, qui sont rarement affectées au culte domestique. Quant aux statuettes en bois, elles ne figurent jamais dans les maisons. Les petites idoles en terre cuite sont de plusieurs sortes. Quand on les destine aux cérémonies sacrées qui se terminent par leur immersion définitive dans le Gange, cérémonies qui nécessitent un renouvellement journalier, on ne prend pas la peine de les cuire. Mais les figurines destinées au commerce d’exportation ou considérées comme jouets, sont en terre cuite. Suivant les régions, elles sont revétues de petits vétements en étoffe (fig. 84 et 85), ou bien le modelage exprime tous les détai!s du costume, auxquels la peinture vient donner les derniers accents.

« Les figures en argile peinte, vétues de mousseline, de soie et de paillons, sont, dit Birwood, admirablement modelées 4 Kishnaghur, 4 Calcutta, 4 Luknow et a Poona. » Voici deux de ces figurines, que j’ai achetées dans un bazar de Bombay, et qui viennent sans doute de Poona. Chacune de ces deux femmes est d’un type absolument différent. Celle-ci (fig. 84) appartient évidemment a une haute caste. Son teint est clair, de riches bracelets cerclent ses bras ét ses jambes chaussées de bas blancs et de babouches brodées, & bec camus. Son petit corsage d’une riche étoffe de soie tracée A carreaux, ses pagnes a larges fleurs claires sur un fond violet, montrent la richesse de sa condition. Artistement drapée dans son écharpe,

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qui découvre l’épaule droite, elle parait s’avancer, d’une démarche ‘un peu lourde de femme opulente, comme pour écouter avec condescendance la priére de quelque inférieur. Pour étre pareillement drapée, en voici une autre qui n’a pas la méme allure de bourgeoise (fig. 85). -La couleur foncée de sa peau, couleur chamois, la pauvre qualité de ses pagnes et de ses voiles en cotonnade et en mousseline rougé, la minceur de ses pauvres anneaux de bras, tout dénote la condition inférieure de cette femme du peuple, qui n’a peut-étre pas de caste.

Il faut voir chez les mar- ae hes chtands chindous les’ collec): (SARS BAT DP BEV ETEM ENT eit : ‘ EN TERRE VERNISSEE.

tions completes de tous ces sea

types, ou le soldat tientson ©

sabre appliqué contre son pagne, dont les plis symetriques font songer a une longue fustanelle, tandis que, semblant pirouetter sur son petit socle, la bayadeére, ornée comme, une chasse, a tout lair de regarder, sans amitié, un marchand qui, nu jusqu’aux hanches, s’en va avec ses objets de pacotille suspendus aux deux bouts d’une verge courbée comme la palanche d’un porteur d’eau. Le babou se reconnait a son turban a fronton convexe, 4 ses lunettes d’argent et 4 son parapluie, toujours mal fermé, serré sous le bras. Tous les types sont la, fidelement observés et rendus, avec leur allure traditionnelle et exacte, avec ces ajustements qui n’ont pas

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varié a travers le temps. En sortant de Véchoppe du marchand d’images vous rencontrerez cet Hindou a grand turban blanc, pareil a ce haut bonnet que le savant Anquetil Duperron fut si surpris de voir coiffer le chef de M. de Le Griz, gouverneur, pour le Roi, des Indes frangaises. Le bonhomme parait, démesurément grandi, s’€tre échappé de armoire ou, haut comme la main, il figurait tout a l’heure prés d’une mariée qui cachait son nez dans une fleur, comme confuse du luxe inusité de son vétement. Maintenant le voila dans la rue avec ses calecons serrés aux chevilles, son extraordinaire jupon a plis en éventail qui s’épanouit comme soutenu par une invisible crinoline, et sa camisole A taille si courte qu’on la dirait fagonnée pour un seigneur du temps de Louis XIII. Et, s’appuyant sur une haute canne a grosse poire d’argent (car ce renflement supérieur ciselé et repoussé n’a pas la forme d’une pomme), l’Hindou parcourt les rues en trainant ses babouches, dont la pointe crochue se reléve en un bec de galére qui serait terminé par une floche de soie. De cet homme, habillé aujourd’hui comme létaient “ses aieux au temps de Baber, vous pouvez vous offrir pour quelques pennys, le portrait exact. Si nos arti- Sans avaient eu l’idée de fabriquer de pareilles images depuis quelques siécles, et qu’on en edt conservé la’ “Série compléte, nous n’en serions plus a demander a des monuments figurés les renseignements que des costumiers ignares sont incapables de mettre en ceuvre sur nos scenes dramatiques ou lyriques. L’Inde peut disparaitre dans un cataclysme, l’histoire de son costume. et de ses types ethniques est désormais assurée. I] suf-

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fira de réunir toutes les figurines conservées dans les collections privées ou publiques, pour s’en faire une représentation fidéle. Le musée de la Marine, au Louvre, posséde tout un bazar indien, de Calcutta, qui mérite d’attirer attention. Par le nombre comme par la valeur des piéces, cet ensemble nous donne une excellente idée de la vie indienne prise dans ses manifestations les plus vivantes comme les plus intimes.

I ne faudrait pas croire que toutes les productions des potiers de Bénarés, de Poona ou de Luknow aient une égale valeur. Les modéles européens sont souvent venus gater le gotit de ces artisans dont la qualité dominante n’est assurément pas l’esprit critique. C’est ainsi qu’a Luknow, dont l’argile est, entre toutes, excellente, les pendentifs, les culs-de-lampe, les vases et autres objets courants sont la copie servile de modeéles italiens apportés, il y a des années, sinon des siécles, par ces ouvriers occidentaux que les nababs d’Oude, pour imiter les Mogols, attirérent 4 leur cour et employérent a orner leurs palais ou a tracer leurs jardins!.

Quelles que soient, ’habileté et la bonhomie naive dépensées par les artisans de toute l’Inde, dans la confection de leurs petites figurines, il ne faut pas en exagérer la valeur artistique. Ce serait s’exposer a plus d’un mécompte. La plus médiocre image sortie des mains d’un choroplaste béotien est supérieure de mille coudées a la meilleure statuette indienne. Et le méme reproche peut s’adresser aux figurines de Poona

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