POTERIE
L’art céramique porte le nom de kasi en Perse comme en Inde. Et il est établi, chez les Hindous, que la pratique dhabiller les monuments avec des tuiles émaillées, passa en Inde au moment ow la Perse fut envahie par les musulmans. Cette pratique ne tomba pas en désuétude, et aujourd’hui encore on fabrique, dans le Sind, des quantités de ces carreaux vernissés dont nous donnons un exemple (fig. 89) provenant de Kurrachee. Ce carreau est d’un, beau brun chaud, transparent, a reflets roussatres et dorés; l’ornement, d’un jaune clair, est fait au pochoir et peut ainsi se répéter indéfiniment. Les artistes de Kurrachee en exécutent de bien d’autres modéles, tous élégants et riches, a teintes vives et tranchées, mais jamais criardes.
Il paraitrait que ces tuiles vernissées sont d’une fabrication courante et que leur débit est, encore aujourd’hui, considérable. Un marchand de Kurrachee me disait qu’il en avait expédié en Europe (c’esta-dire en Angleterre), plusieurs milliers pour des amateurs qui voulaient en revétir leurs villas. Ces carreaux, que l’on fabrique surtout a Bulri et a Saidpour, sur une épaisseur de 16 a 20 millimétres et 18 centimétres environ de cété, cofitent quelques centimes. Mais ils sont lourds et le transport en triplerait sans doute le prix. On ne saurait cependant en trop conseiller l’emploi pour les décorations intérieures, des salles de bains, par exemple, et pour les revétements extérieurs.
~Nous avons parlé plus haut (p. 95) des palais indiens ainsi habillés, dont celui de Gwalior fournit un si magnifique exemple : « Les tuiles vernissées
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antiques, dit Birwood, que l’on peut voir dans 1|’Inde, appartiennent toujours a des constructions mahométanes; elles varient de style avec l’époque de ces constructions elles-mémes, c’est-a-dire des tuiles bleu turquoise de la période la plus antique de Patan (1193 a 1254 ap. J.-C.), jusqu’aux tuiles soigneusement des- . sinées et peintes de la seconde moitié de la période mogole (1556 4 1750). Les mahométans, en étendant leur domination, semblent avoir développé autant de variétés locales de ces tuiles. Le musée indien (de Londres) présente quelques exemples remarquables de tuiles vernissées provenant des ruines de Gaur, l’ancienne capitale musulmane du Bengale, qui fut érigée en un royaume séparé en méme temps que Delhi. Mohammed-Baktiar, le conquérant de Bihar, sous Katub-ed-Din, devint, en 1203, le premier roi de la dynastie qui y gouverna jusqu’a Vabsorption de cet Etat par le vaste empire d’Akbar, en 1573. Mais la ville de Gaur était une des. capitales fameuses des ee bien avant sa prise par les musulmans,
« Les dynasties de Sena et de Bellala semblent y aioe résidé, et, sans aucun doute, comme !’a dit Fergusson (Hist. of Indian Architecture, p. 546), elles Vont ornée de temples et d’édifices dignes delle. Sil en est ainsi, comme il parait probable, quelques-unes des tuiles de Gaur, au musée indien, ne sont pas d’un des styles musulmans quelconques connus partout en Inde; elles ont un caractére hindou marqué, bien distinct de la fabrication musulmane indienne et antérieur a la prédominance des ornements en fleurs chers ala période mogole. On pourrait alors en inférer que
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la poterie émaillée se faisait, en Inde, bien avant lépoque de Gengis-Khan... I] n’est pas du tout improbable qu’en certains pays d’architecture en briques, comme le Bengale, les tuiles vernissées aient été employées par les bouddhistes ou les hindouistes avant les invasions musulmanes. »
Les poteries du Sind, dont nous donnons ici quelques exemples provenant de Kurrachee (fig. 86 a gr), sont trés peu connues en Europe, owt elles mérite-
. raient d’appeler l’attention par leur beau parti déco-
ratif et leur coloration chaude, ou le roux, le jaune, le.vert et le brun représentent la gamme dominante. Les éléments principaux du décor sont des fleurs, comme le large ceillet d’Inde (fig. 86), en des entrelacs, d’ornements courants (fig. 87), ou bien des tiges, des rameaux sont jetés sur la panse d’un vase (fig. 88), ou ils se détachent en blanc, en jaune, sur le fond brun a reflets pourprés. A Delhi, on semble préférer les ornements bleu d’outremer courant sur un fond turquoise (fig. 90). La, ils rappellent par leur ténuité et leur agencement symétrique les dispositions architectoniques chéres aux incrusteurs du Penjab (fig. 76).
C’est d’Hyderabad, Hala, Jatta et Jerruck que proviennent les poteries les plus estimées du Sind; on connait le nom de quelques-uns des artistes, mais on ne sait presque rien sur eux, Ainsi se sont conservés les noms de Jumu, fils d’Osman, a Kurrachee, et de Mohammed-Azim-le-Pathan, de la méme ville; de Nar-Mohammed et Kamil, de Ruttu-Wuleed-Minghu, a Hyderabad; de Peranu, fils de Jumu, a Tatta. Les poteries les plus réputées du Penjab sont celles de
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LES ARTS: DECORATIFS. B17
Multan qwillustra le potier Mohammed-Hashim, de Lahore, de Delhi, de Yang.
Par l’entente parfaite de la forme a laquelle est toujours subordonné le décor, par la maniére large et heureuse dont est toujours traité celui-ci, par la belle harmonie des :
couleurs, les ceu=}
vres des potiers du nord-ouest de Inde se placent.
bien au-dessus de toutes les autres productions similaires hindoues.
Les poteries de Ma-
dura, avec leurs doubles réservoirs FIG. of.
dont Vextérieur est POTERIE VERNISSEE.
repercé et travaillé — oe en relief au moyen de moules, n’atteignent pas a la perfection comme celles de Delhi et du Sind, malgré leur belle coloration vert sombre ou d’un brun dore, La technique des potiers en terre vernissée est avant tout traditionnelle, de méme que leur métier dépend absolument de certaines « ficelles » de tours de main, de pratiques empiriques que les potiers se repassent de pére en fils. C’est ce qui fait que, d’une province a Yautre, on fabrique des objets absolument différents, par des procédés également différents, et qu’on ne peut pas copier les ceuvres au dehors des lieux de production. Les potiers hindous mettent tout cela sur la
nature particuliére des combustibles employés, ce qui rend impossibles les imitations ou les contrefacons. Quand ils fabriquent leur émail, ils ne chauffent jamais leur fourneau qu’avec uncertain bois qui varie suivant la nature de |’émail lui-méme. Le kanch se fond avec du bois de caprier (capparis sodica), ou kikar parir ; mais le sikka se fond avec le bois du ghand (prosopis).
On connait les minéraux dont se servent les potiers, on sait comment ils les traitent, comment ils les dosent, on a noté les degrés de cuisson, de calcination; on voit les artistes 4 l’ceuvre, appliquant leurs poudres, mettant les vases au four, mais on ne peut imiter leurs ceuvres.
L’homme qui ale mieux étudié les arts industriels de I'Inde, sir G. Birwood, a eu la patience de noter sur place toutes les particularités du travail. Assis dans atelier du potier, il y a travaillé de ses mains, et voici le résultat de son enquéte : .
Parlant de la maniére de tracer les ornements sur les vases’, l’excellent observateur nous montre d’abord !'Hindou placgant sur la piéce un pochoir en papier dont les vides correspondent aux taches coloriées; puis, armé d’une brosse, remplissant ces vides avec la poudre d’émail que colorera la cuisson et qui est
1. La poterie, avant de recevoir !a peinture, est d’abord soigneusement polie, une fois cuite. Elle est alors d’un rouge de brique uniforme. Le potier la recouvre d’un engobe savonneux blanchatre fait avec de V’argile blanche et du borax, auxquels sont ajoutées des gommes d’acacia et de conocarpus(Karya-mutti). Quand les couleurs.en poudre ont été appliquées a la brosse, la piéce est chauffée dans un four chauffé avec du bois de Capparis ou dun jujubier nommé ber (zizyphus).
LES ARTS ‘DECORATIFS. 219
délayée avec du gluten et de l’eau. Parfois les dessins sont tracés librement a la main:
« Crest cette facon libre et impulsive de dessiner et de peindre la poterie qui fait une des principales attractions. La rapidité et l’exactitude de toute l’opération provoquent, chez le spectateur inexpérimenté, une tentation constante d’essayer lui-méme. Vous éprouvez la méme tentation en regardant travailler un ouvrier indigéne. Son artifice semble trés facile et ses. outils sont si primitifs que vous croyez en pouvoir faire et tout autant et aussi bien que lui. Vous vous asseyez et commencez. Vous manquez le travail. Mais vous voulez en venir a bout et vous travaillez pendant des jours avec toute votre ténacité anglaise, et vous comprenez enfin que la dextérité du patient manouvrier hindou est, chez lui, comme une seconde nature, développée de pére en fils, par le travail constant de plusieurs génerations appliquées sur les mémes procédés et les memes | manipulations. »
Des émaux employés par les potiers du Sind,et du Penjab, les plus importants sont les kanchi, enduits vitreux, et les sikka, qui sont des oxydes de plomb. Les kanchi sont composés de deux parties de quartz blanc, six parties de soude pure, trois parties de borax, une partie de sel ammoniac. Apres une premiére cuisson,
ony ajoute du salpétre, et on fond de nouveau, jusqu’a
ce que la matiére 4 employer é€cume a la surface du liquide. Le kanchi ainsi obtenu est Vangrezi kanchi ou verre anglais. Le desi kanchi, verre de pays, est composé des mémes substances, mais le sel ammoniac est remplacé par du sable siliceux.
Les sikka ou oxydes de plomb sont au nombre de quatre. Le sikka safed est un oxyde blanc obtenu en faisant réduire du plomb, mélangé a de l’étain, jusqu’a la moitié de son poids. C’est lui qui sert de base aux émaux gris, bleus et verts. Le sikka zard se fait de méme, mais le mélange est réduit 4 un quart de son poids; il est la base des jaunes. Le sikka sharbati est une litharge; on V’obtient en réduisant du zinc et de Pétain. Le sikka bal est un oxyde rouge qui s’obtient en fondant le plomb jusqu’au rouge.
Les enduits vitreux ou vernis blancs sont faits avec un kanchi et du sikka safed fondus ensemble, avec addition de borax et de salpétre; puis la masse broalante est jetée dans l’eau froide, ou elle se brise en éclats. C’est sous cette derniére forme qu’on l’emploie.
Les bleus s’obtiennent par un mélange de cuivre ou de manganése, ou de cobalt, avec cet enduit blanc.
Voici, d’aprés Birwood!, les couleurs bleues les plus couramment employées, avec les dosages indigénes :
Firoza (bleu turquoise) : 1 ser d’enduit blanc et 1 chittack de cuivre calciné.
Firozi-abi (bleu turquoise pale) : 1 ser d’enduit blanc et 1/24. de chittack de cuivre calciné.
Nila (bleu indigo): 1 ser d’enduit blanc et 4 chittacks d’oxyde noir de cobalt.
Asmani (bleu de ciel): 1 ser d’enduit blanc et 1/2 chittack d’oxyde. noir de cobalt.
Halka-abi (bleu de.ciel pale) : 1 ser d’enduit blanc et 1 chittack d’oxyde noir de cobalt. g
1. Birwood, Industr.. Arts, -IL, p- 142. Cf. dans la Bibliothé-
gue de l’Enseignement des Beaux-Arts, Deck, la Faience et la porcelaine.
LES ARTS DECORATIEFS. e 221
Kasni (ceillet ou lilas) : 1 ser d’enduit blanc et'1 chittack d’oxyde de manganese.
Sosni (violet) : 1 ser d’enduit blanc et 1/2 chittack d’oxyde de cobalt et d’oxyde de manganése.
Uda (pourpre ou puce): 1 ser d@enduit blanc et 2 chittacks d’oxyde de manganése.
Khaki (gris): 1 ser d’enduit blanc et 1/2 chittack d’oxyde noir de cobalt et d’oxyde de manganése.
Un autre enduit vitreux bleu dindigo est ainsi dosé :
Poudre dé‘silex 20 0. eye 2 es 4 parties.
IBOLAkGs Geb se eae tee Cabeci near emte hott 24 — Oxyde rouge de plomb.......-- 12 Quartz blancs.) -.-. «- Grae aio sis 7 Sowdessetre mes aecens Benn MN SeS oS TANG ces eos Gli st iatet pli te eeneiienran sys See Oxyde noir decobalt......... 5
Pour les enduits vitreux jaunes employés comme base des verres, on dose ainsi la masse 4 fondre :
Oxyde de plomb blanc ..*.....-. I ser.
Quartz. blanc ous sc senate os ee eMemlierelOUn lore Sin eaiateters 4 chittacks, Silex calciné et réduit en poudre.
Borax (aprés fusion). ..... Sees Leo —
Les ‘couleurs vertes principales sont de quatre sortes :
Zamrudi (vert sombre) : 1 ser d’enduit blanc, 4 chittacks de cuivre calciné.
Sabz (vert plein) : 1 ser d@enduit blanc, 1 chittack cuivre.
Pistaki (vert pistache) : 1ser d’enduit blanc, 1 1/2 chittack de cuivre.
Dhani (vert tendre): 1 ser d’enduit blanc, 1/128 chittack de
cuivre. -
Vert indien : 1 ser limaille de cuivre et sulfate de soude..
SONI Py Sen gee as ae oS
a BoE
222 ‘WYART INDIEN.
Des écoles d’art, fondées en ces derniéres années par les Anglais, sont sortis d’assez beaux produits, notamment de celle de Djeypour, ot l'on: s’est efforcé de copier les poteries vernissées du Sind‘. C’est sous la direction et par l’initiative d’un natif, le Babou Opendro Nath Sen, que les procédés ont été améliorés, surtout pour la poterie dure. Actuellement on emploie pour sa fabrication les matiéres suivantes, ainsi dosées:
Reldspathticcrcn aia. lue conan water ne 5 sers. Mar ben (rls .ce wen alps mans ebcarGat 1/4 — : Argile de Moultan ou terrea foulon.. 1 — POLAK ee poi Senstiare Geto ours ada + 1/4 — Soudelocales pq, iii rene Soa tiowene al | Bane Werre oes See fehee Aas shisha a Gomimensnw-aaree. grote Guu aiatpatiereenary zits 1/2 — Sucre candi <3 47. - . Siti meta aae 1/4 —
Les poteries de ce genre sont faites dans des moules et enduites de feldspath et d’amidon, puis séchées au four. Aprés quoi on les peint et on le revét d’un enduit vitreux transparent; on’ les expose au soleil, on les chauffe enfin dans le four pendant six heures. Les deux couleurs les plus employées sont le bleu et le vert. La premiére s’obtient par l’oxyde de cobalt, la seconde par l’oxyde de cuivre 2.
Tels sont les procédés les plus usuels chez les céramistes hindous, dont on ne saurait trop louer la technique et les ceuvres. Ajoutons, en terminant, que les dessins qu’ils reproduisent depuis des siécles sur leurs vases et leurs plats, sont la répétition, souvent
1. H. Hendley, Memorials of the Jeypore exhibition, I, p. 58. 2. Birwood, Industr. Arts, II, p. 161.
LES ARTS DECORATIES. 223
la plus exacte, de ceux qui couvrent les faiences persanes. Les écoles d?art anglaises ont poussé leurs éléves dans la voie archéologique. C’est ainsi qu’a Bombay ces jeunes artistes peignent sur leurs poteries’ des scénes empruntées aux fresques classiques d’Ajunta, quand ils feraient mieux de s’inspirer de véritables ornements plus conformes a l’esprit méme de l’art de la céramique,
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LES EMAUX,
S’il est un art dans lequel les Hindous aient excellé, c’est assurément celui de I’émailleur. Ils y excellent encore aujourd’hui, et, de l’aveu des meilleurs juges, on doit croire qu’ils progressent sans cesse pour le porter vers sa perfection. Au point de vue de la technique, on peut dire que personne ne les a jamais égalés pour la richesse, la profondeur et la transparence des tons, surtout les rouges, pas méme les émailleurs de Limoges.
L’industrie de l’émail s’exerce en bien des points de l’'Inde, 4 Bénarés, 4a Luknow, 4 Lahore, 4 Moultan, a Kangra, dans le Kashmir, 4 Delhi et autres villes du Penjab. Mais c’est 4 Djeypour, dans le Radjpoutana, que sont établis les artistes les plus habiles; 1a, depuis des siécles, ils se succédent de pére en fils et
se transmettent les pratiques de cet art si compliqué et.si délicat?.
Lorigine des. émaux est extraordinairement an- ~cienne et elle est mélée a Vhistoire du verre. D’aprés une opinion assez plausible, cette origine serait éminemment touranienne’. Développé, sinon né chez les ‘Scythes, l’art de ’émail fut par eux introduit en Chine sous le régne de Thaiwonti, sans doute aprés avoir traversé l’Inde. Dés l’antiquité la plus haute, les Touraniens l'avaient transmis aux Egyptiens, aux Phéniciens, aux Assyriens*. Les Sidoniens furent longtemps célébres pour leur habileté a travailler les matiéres vitreuses avec lesquelles, non contents de rehausser les métaux, ils contrefaisaient les pierres précieuses. Ils les imitaient si bien que longtemps on se trompa sur la nature véritable de certains objets, qui étaient en verre coloré, comme le Santo Catino conservé dans le trésor de la cathédrale de Génes *.
Sans avoir jamais beaucoup honoré lart du verrier,
1. Cf. Hendley, Memorials, loc. cit.— S.-S. Jacob et H. Hendley, Jeypore Enamels, Londres, 1886, in-f?.
2. Birwood, loc. cit., I, p..167. On a remarqué que cet art avait été d’abord pratiqué, en Europe, par‘les Florentins, qui auraient, comme les Scythes du Penjab, une origine touranienne. (Cf. S.-S: Jacob et Hendley, loc. cit., p. 3.)
3. Cf. Labarthe, Manuel des Arts décoratifs, et Maspéro, VArchéologie égyptienne (Biblioth. Enseign. Beaux-Arts).
4. Sur le Santo ou Sacro Catino, qui fut brisé par les Frangais pendant l’occupation de Masséna, cf. dans la Bibliothéque de Enseignement des Beaux-Arts : Gerspach, la Verrerie, p. 32. — Cf. la description que donne Hérodote de la colonne ou'pilier en émeraude qui éclairait, la nuit, tout le temple de Melkart, a Tyr, et qui était, comme a Gadés, certainement un cylindre en verre creux ou brilait une lampe.
LES ARTS DECORATIFS, 225
les Hindous ne laissent pas que de le pratiquer avec adresse. Les fabriques du Guzerat et d’autres pro- vinces fournissent l’Inde de petits bijoux, de grains de colliers, de perles colorées, de bouteilles de toutes sortes, sans compter des miroirs et des figurines, des oiseaux. « Les fioles en verre pour l’eau du Gange se préparent beaucoup a Sawansa, dans le district de Pertabghar, en Oude, et 4 Nagira, dans le district de Bijnur, des provinces du nord-ouest. La plus grande partie de l’eau du Gange, que des myriades de pélerins emportent de Hardwar dans toutes les parties de l’Inde, est renfermée dans des fioles et des flacons fabriqués par les manihars de Sawansa et de Nagira*. »
Les menus objets de parure, en verre coloré de teintes vives harmonieusement nuancées, proviennent de Rampour, dont les bracelets de bras et de jambes sont réputés sous le nom de ‘Rampurmaniharams, et répandus jusque dans l’Arabie et le Bélouchistan, On en fait aussi A Hushyarpour, 4 Moultan, 4 Lahore, a Patiala, 4 Karnal, 4 Panipat et en d’autres villes du Penjab, et encore a Banda, Dalman, Luknow, et a Mangrul, 4 Bagmandi, 4 Matod, a Mysore, etc.
Mais Dart de l’émailleur est presque complétement confiné 4 Djeypour et dans le Penjab, d’ou les Sicks Pont répandu en quelques régions de l’Inde centrale, sans toutefois avoir jamais livré les seerets de la fabrication des matiéres ‘premiéres. C’est de Lahore que les émailleurs font tous venir ces émaux bruts qu’ils recoivent en masses vitreuses et opaques élaborées par