‹ L'art indienChapitre 109 sur 160 · E, Sénart, loc. cit., pe · texte numérisé non relu

E, Sénart, loc. cit., pe

2. Baden Powel, Handbook of the Manufacture of the Punjab. — Cf. S.-S. Jacob et H. Hendley, loc. cit., p. 15.

[saw

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sont tous d’origine ‘sicke. Se succédant de pére en fils

dans leur métier de minakar', protégés par la cour des. rois radjpoutes, ils ne peuvent suffire aux commandes.

qui leur arrivent de toutes parts et ne travaillent guére pour Vexportation.

En tout.cas, ils ne sont jamais en rapport avec le public, car, a défaut des princes, c’est des gros orfévres qu’ils recgoiventdirectement les ordres.

Hendley a tracé le tableau le plus exact de l’atelier d’un émailleur indien. I] nous fait pénétrer chez Kishan Singh, un des plus fameux artistes de Djeypour, mort il y a quelque.

quinze ans.

.« Dans la maison de Kishan Singh, REGO:

le pére travaille dans une chambre °U'Y"® *™UM® ET NIELLE.

; ie au rez-de-chaussée, et, pour l’aider iauesdshed) dans la surveillance du fourneau, les

femmes de la famille, qui vaquent a leurs occupations.

dans la cour centrale, viennent de temps en temps

1. Un vieux chroniqueur du régne d’Akbar, Aboul-Fazl, a donné dé précieux renseignements sur les minakars de la cour du Grand Mogol au xvi® siécle. Le minakar doit émailler les

coupes, les flacons et les bagues. Quand il aura peint avec les.

émaux la plaque de meétal, il la mettra au feu deux ou trois fois. Pour un tola d’or qu’il émaillera, il prendra seize danis (les deux cinquiémes d’une roupie), et pour un tola d’argent, sept danis, etc. (Cf. Ain-i-Akbari) (Institutions d’Akbar.) Ce souverain fit tout pour développer les arts, comme pour établir la paix religieuse. G. Le Bon a donné (Civilisations, p. 103) une trés' belle reproduction d’une miniature indo-persane représentant la figure intelligente et narquoise du grand empereur.

entretenir le feu. Les fils et les petits-fils du maitre se tiennent dans un appentis, sur le toit. La, ils s’occupent de peindre avec 1’émail les divers ornements. Les fils se chargent des piéces difficiles, laissant aux enfants plus jeunes, 4gés de sept ou huit ans, les petits médaillons ou autres articles peu importants sur lesquels ils commencent de s’exercer. Chaque artiste est assis sur le plancher, en face d’une chaise basse ou, sur une longue palette de cuivre, a dépressions formant godets et disposées sur une rangée, sont préparées les couleurs fraiches. A cété de la palette sont les couleurs séches, les instruments et les divers produits usuels.

« Dans les murs de la chambre sont ménagées des niches ou les dessins rares et anciens, les objets de prix et les provisions d’émaux reposent enveloppés dans des chiffons. Une porte solide, de bois sculpté, défend la maison et ses habitants des hasards de la rue, des voleurs et, aussi, des visiteurs trop curieux. »

La division du travail est rigoureusement observée. Pour toute piéce a établir, les dessins sont d’abord tracés par un premier artisan, le chitera. C'est lui qui garde les recueils de documents, les livres de poncifs; est lui qui recoit les clients, qui leur montre les modéles parmi lesquels ils auront a faire leurs choix. Puis Vorfévre, ou sunar, entre en scene. I] prépare la piéce, la polit, en arréte le dessin, et il la remet au graveur, gharai. Tous ceux-ci ne sont pas émailleurs, ils sont des employés subalternes qui n’appartiennent pas a la race sicke, mais a des castes hindoues telles ‘que celles des orfévres et des charpentiers sculpteurs. Le gharai grave la plaque de métal; au moyen de

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pointes en acier et de burins, il creuse les cavités ou ead sera déposé l’émail, en guilloche les talus et les fonds,

polit la surface saillante avec un brunissoir en agate.

C’est alors que commence le travail de ’émailleur ou minakar. Le maitre applique les émaux avec un couteau, les disposant suivant leur degré

de fusion, en commencant par ceux qui sont le moins fusibles. Chaque masse d’émail a été soigneusement pilée dans un mortier d’acier, puis dans un petit mortier d’agate, amalgamée avec une dissolution gommeuse. Quand. les ;

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