‹ L'art indienChapitre 137 sur 160 · M.’Emile Molinier a parfaitement établi la valeur'de ce · texte numérisé non relu

M.’Emile Molinier a parfaitement établi la valeur'de ce

‘ terme dans son excellente introduction sur l’Orfévrerie dans le

‘Catalogue de la collection Spitzer, Paris, 1892. — On consultera

LES ARTS DU METAL. ae

a lémeri. Cette méthode se rapporte aux procédés appeles tarsia par les Italiens, tauchie par les Allemands; elle présente l’avantage dune solidité considérable. On la varie A l’infini, en faisant des entailles plus ou moins grandes suivant le contour d’un ornement ou d’une figure; le métal rapporté, une fois enchassé, est ciselé avec un plus ou moins haut relief. C’est d’aprés ce principe que sont incrustées tant d’armes turques ouwarabes, mais comme on emploie la des .

feuilles d’argent ou d’or minces, les appliques sont fragiles et s'enlévent, au moindre choc, par grandes

écailles.

Dans le sécond cas, la surface -dacier est d@abord finement rayée 4 la pointe d@innombrables traits:

qui la rendent un peu semblable a

celle d’une lime. A la pointe, en- Eee enae suite, on revient par des, tailles érée nr sacnrerce. croisées et des traits courbes déli- (Radjpoutana.)

sur tous ces procédés, outre le mémoire classique de Lavoix (Gazette des Beaux-Arts, 1863), et dans le méme recueil, nos études sur leMusée xdrartilleyié (1893) —la Collection darmes du Muséedi! Louvre*(1892) — et PArmeria de Madrid (1895), et aussi le Mémoire de. H. Hendley sur la Damasquinerie en Inde, et le bon Manuel du méme auteur : Handbook of the Jeypore

Courts of the Indo-Colonial Exhibition, 1886.

mitant les contours et les détails du décor. Une mince feuille dor ou d’argent est appliquée ensuite sur la piéce, et, sous le}marteau, elle se divise, se fixe dans chacune des tailles dont les bords déchiquetés se rabattent comme des griffes fines et sertissent la ligne

FIG, 129. — SABRE INDIEN, (Sind.)

incrustée. Le travail, une fois terminé, présente Paspect dun champ brillant, clair, gris@tre ou noir, suivant la nature du brunissage, sur lequel se détache un dessin semblant fait par une plume chargée d’encre Wor’. Telle est Pazziminia ou travail alla gemina si en « honneur chez les orfévres et les armuriers de notre

FIG. 130. — SABRE INDIEN, (Sind.)

Renaissance. On ena varié les procédés, comme dans le travail moderne de Saint’Sébastien.

Ces maniéres d’orner le métal sont depuis longtemps d’un usage courant en Inde. Elles ont da y étre introduites, par la Perse, dans le Penjab et dans l’Af-

1. Cest I’heureuse définition qu’a donnée le regretté A. Darcel dans son travail sur l’Epée de Pescaire (Magasin pittoresque, r88q). — €f. H. Hendley, Damascened Works, p. 8.

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ghanistan, d’abord, puis dans toute la péninsule jusqu’a Ceylan, et, se combinant avec art de dorer et d’argenter par le feu ou les amalgames, elles ont permis aux Indiens de faire des,ceuvres admirables comme élégance et solidité, sur lacier comme sur le bronze.

Le damasquinage par fils d’or incrustés est particuligrement pratiqué dans le Kashmir, le Guzerat et le Penjab, et aussi dans le Nizam, ot on l’appelle travail de Kuft. L’incrustation en fils d'argent ou bidri, origi-

Rot Ger 3t let ne SABRE INDIEN.

(Sind.)

naire de Bidar, dans le‘Nizam, se fait surtout sur un ‘bronze noirci a la surface; on l’imite en niellant une surface métallique gravée dont les cavités sont remplies d’une composition noire; on l’imite aussi sur les poteries en y appliquant, comme nous Pavons dit pour les productions de Pourniah, des feuilles d’argent. Crest dans les objets anciens, surtout dans les armes, que les artistes hindous ont apporté toute la perfection désirable. La plupart des objets modernes étant fabriqués pour Vexportation, sont d’un travail assez grossier; on sent qu’ils ont été exécutés a la hate, et beaucoup sont des contrefacons ou l’or et Vargent sont appliqués en feuilles fixées par un vernis. En vulgarisant l’emploi de la galvanoplastie et de la dorure ala pile, les écoles d’art patronnées par les Anglais

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ont porté un coup terrible aux vieilles méthedes artistiques. Si on veut voir encore quelques beaux spé-

KOUTTAR INDIEN.

Type usuel.

(Hyderabad.)

cimens de l’industrie moderne, c’est dans les arsenaux des rares souverains indigénes qui, comme le rajah d’Ulwar, protégent les arts et demeurent fidéles aux traditions de magnificence que leurs ancétres leur ont léguées’.

L’art dincruster les métaux est pratiqué dans l’Inde par les armuriers et par les orfévres; ceux du Radjpoutana.

sont réputés comme les plus habiles, on les place méme au-dessus des artistes du Penjab. C’est que les princes radjpoutes ont de tout temps tenu en honneur les ouvriers savants dans lart d’orner les armes. Mais les armes ne sont pas les seuls objets sur lesquels se soient exercés les plus industrieux des damasquineurs : les cadres de miroirs, les coffrets, les aiguiéres et autres vases sont a cet égard aussi instructifs que les boucliers ou les

lames d’épées les mieux ouvrés.

1. Cf. H. Hendley, Ulwar and its Arts Treasures, on y trouvera de bons renseignements sur l’arsenal d’Ulwar et les figures des plus remarquables piéces.

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