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1, E. Sénart, Gazette des Beaux-Arts, 1° janv, 1890, p- 49y
pierre, émergeant de la demi-obscurité qui régne dans
toute l’enceinte, ont des poses tellement vivantes,
qu’on ne peut croire tout a fait a leur immobilité; elles
sont sculptées dans une pierre trés foncée ressemblant. a du marbre noir!. » Son étang sacre, dit du Lotus d’or,
mesure 49 métres de large sur 35 métres de long. Son
origine n’est pas moins miraculeuse que celle du tau-
reau noir de Tandjore. Si celui-ci, d’abord gros comme
un ceuf, ne cessa de croitre que lorsque Civa, invoqué. par les Brahmes, lui eut enfoncé une pointe de fer
dans la langue, l’étang sacré fut creusé par le méme
dieu, qui, frappant la terre de son trident (trisula), Tentr’ouvrit pour laisser affleurer la nappe souterraine
issue du Gange.
Malgré les dégradations qu’elle a subies lors de linvasion musulmane de Malik Kafur, au x1v° siécle, la pagode de Madura demeura, ce qu'elle est encore aujourd’hui, un lieu de pélerinage des plus fréquentés. Sur les fondations, datant de notre moyen age, se relevérent les sanctuaires centraux, dés le commencement du xvi° siécle. Au xvu®, la piété du Radjah Tirumal Nayalkan fit construire des enceintes et des temples annexes. Pour ces nouveaux édifices, on employa bien des matériaux antérieurement mis en ceuvre, comme en témoignent les inscriptions des piliers. Un de ceux-ci, appartenant au Gopura de VEst, le Sundara Pandiya Gopuram, date de 1522, d’autres remontent au temps des Cholas, au début du xiv? siécle *.
1. G. Le Bon, Monuments, purs3s 2. H.-H. Cole, Preservation of national monuments, p. 4.
L’ART HINDOUISTE. 67
Les sanctuaires du centre sont dédiés a Civa, ce sont le Sundareshuar et le Minakshi, du nom de la « déesse aux yeux de poisson alli¢e A Civa ». Et l'un comme autre sont encore aujourd'hui adorés par des milliers de dévots. Les parures des idoles conservées par les Brahmes remontent, selon eux, au bas mot, au x1v° siécle et sont autant de dons des souverains Pandyas ; la critique archéologique a fait reconnaitre dans ces objets des productions de Vorfévrerie moderne.
Trois enceintes enclosent la pagode de Madura. Un gopura inachevé, le Gopuram Rayar, semble indiquer qu’on en avait jadis commencé une quatriéme. Si dans" certains temples, comme 4a Sriringam, les. derniers enclos, les plus extérieurs, sont de véritables fortifications — et l’on observe cette disposition en bien d’autres régions — rien de semblable n’existe 4 Madura. Ici, ces enceintes sont accessibles aux profanes qu’arréteront les autres. S’ils entrent par la porte principale passant sous le Sundara Pandiya Gopuram, qui mesure 102 pieds de haut sur 58 de base, ceux-ci montent les degrés de lescalier, dont les marches supérieures portent des inscriptions, comme les murailles adjacentes; derriére eux restent ouverts les battants en bois sculpté. Sans doute leur permettra-t-on de visiter le Via Vasanta Rayar Mandapam, pronaos ou vestibule de lest, et d’admirer les quatre piliers sculptés chargés de figures; mais ils ne pourront étre admis dans le sanctuaire. On leur permettra, sans doute, d’entrer sous la salle aux mille piliers, dont les deux premiéres rangées de . colonnes sont chargées de sculptures. Il existe encore d’autres Mandapams; l’Ashta-Sakti se recommande,
entre eux, par ses sculptures en bois peint. Quand on I’a travérsé, on pénétre dans le Minaksi Naikar, autre Mandapam. Celui dit Chitra forme une colonnade autour de l’étang du Potra Marakulam, au nord, au sud et a lest, avec un développement de 170 pieds de’
longueur sur 114 de largeur. Sur le mur du nord se ©
développent des fresques modernes représentant les divinités pouraniques. A l’ouest de l’étang, cest un autre Mandapam, le Kili Kati, avec son portique annexe, le Mutarli Mandapam, dont l’extrémité occi-
dentale se termine par un campanile de pierre noire’ -
dressé sur d’élégantes colonnes. La s’ouvre une porte qui donne dans le jardin du Yawandi Ishuavam Man-' dapam. Par le Kili Kati Mandapam on'se dirige vers le temple de Sundarishuar, et on passe sous le Gopura' de Nadkat, dont les vantaux de bois sont couverts de sculptures. Le Mandapanaigam occupe langle nordouest de V’enceinte du Sundarishuar, dont le Man-' dapam est une des parties les plus délicatement tra-: vaillées de cet immense ensemble. Il faudrait encore mentionner plusieurs autres Mandapams, dont le Kaliana, faisant office de salle pour les mariages, et’ celui dédié a Tirumal Nayaka, qui mesure 340 pieds’ sur 127. Le Rayar Mandapam est demeuré inacheve; il ne s’éléve qu’a hauteur du second ‘étage *.
x aERS plupart des pagodes dravidiennes se recom- ' mandent par une pareille majeste, 4 Ramisseram se’
ete isn)
1.°H.-H. Gole, ve ibid., p. 6. Les plans de madiira e et d’autres °
pagodes dravidiennes, plans datant du xvui® siécle, ont été reproy., duits par Langlés, Monuments anciens. ad. modernes. de Hite, doustan, Paris, 1821. | \
LART. HIN DOQUIST E:
développe sur une longueur d’un kilometre. le merveilleux corridor « stupéfiant par la richesse des piliers, la beauté des sculptures et les jeux variés de lumiére et dombre! ».. A. Sriringam, les piliers se dressent, se succédent a Vinfini avec leurs gigantesques’ chevaux cabrés sur un monde de statues. A Vijanagar, le voyageur se promeéne avec admiration dans ces avenues bordées ‘de statues, plus vastes que les rues d’une ville, et ot. se dressent les piliers monolithes du Vitoba, évidés
comme une dentelle de pierre,
« catégorie de chefs-d’ceuvre que Phumanité, occupée a d’autres travaux, ne recommencera plus® ».
A Chillambaram, l’enceinte se développe sur une longueur de 400 métres et une largeur de 300, et contient des temples dont certains ont l’importance de nos cathédrales*. A Tiruvalour, a Cambacanam, a Tinnevelly, a Villanour, a Vellore, a Pérur, l’enchantement continue. Les archéologues anglais,