FIG. 24. — LE TADJ D’AGRA
spécimens de cette période pathane. C’est la que, devant un beau portique encore debout (fig. 25), émerge du sol le fameux pilier en fer du roi Dhava, que certains archéologues font contemporain du i° siécle de notre ére. La plus grande arcade, ici figurée, a 16 métres de hauteur. La pierre est partout couverte de fins entrelacs, de rinceaux, d’ornements géométriques, sculptés en bas-reliefs suivant la tradition arabe, ennemie des décors saillants. Mais les colonnades sont d’un tout autre style, tous les piliers ont été pris dans
d’anciens temples hindous. Le pavillon d’Aladin présente au premier abord tous les caractéres de l’art arabe, comme le tombeau de l’empereur Altamsh (1235). La, toutes les parois de la salle, avec le mihrab (chapelle représentant le sanctuaire de la Mecque et orientée comme lui), toutes les faces du monumental piédestal du tombeau sont couvertes de fins ornements ciselés dans le grés rouge. Cependant les vottes, malgré leur forme, sont construites par assises horizontales comme dans les édifices hindous. A Ajmir, la mosquée, datant du xm’ siécle, reproduit des dispositions identiques avec des piliers hindous (fig. 11). — Car 14, comme partout, les conquérants trouvérent dans'les temples des vaincus des matériaux tout préparés. « Il leur suffit de faire disparaitre les idoles, d’ajouter quelques détails caractéristiques, et de donner le cachet particulier 4 la mos- “quée, en y ajoutant une facade a arceaux pointus ?. » Entre ’époque ot furent édifiés ces monuments et celle de la domination mogole, il semblerait qu’une réaction puritaine se soit produite, qui substitua « a Pornementation luxuriante des premiers Afghans un dessin d’une sévére simplicité? ». Si les Musulmans
1. L. Rousselet, ’Inde des Radjahs, p. 253. Ce serait l’empereur Koutab-Eddin-Eibeck qui aurait le premier employé ce procédé, que ses successeurs continuérent a Canouje, Manton, Ahmedabad, etc. La mosquée d’Ajmir est souvent nommée Arai-Din-Ka-Jhopra (Qvuvre des deux jours et demi), parce que les Vedyavhah (architectes magiciens), n’auraient mis que ce temps a Vérection de la mosquée tout entiére. Rousselet pense qwil faut entendre que cette construction absorba « une somme égale au revenu de deux jours et demi de tout ee ye ar balk, ibid., 253, note 2.