CHAPITRE IV La Sculpture
Outre les travaux précités de Schnaase, Lassen, Le Bon, Fer-
. gusson, cf. : Mitchell, A history of ancient Sculpture, Londres, 1883,
in-4°. — Lubke, Geschichte der Plastik, Leipzig, 1880, in-4°, vol. 1. — H.H. Cole, Catalogue of the Objects of Indian Art... in the South Kensington Museum, Londres, 1874, in-8°.
- Cest un lieu commun de dire que Vhistoire de la sculpture indienne n’est que Vhistoire d’une déca— dence. Je retrouve ce reproche sous la plume d’un des meilleurs juges en la matiére, M. E. Sénart. Tlyala parti pris de sévérité. Sans doute conviendrait-il mieux de reconnaitre que les Hindous ont toujours nourri un idéal différent du notre. Si les Grecs ont toujours considéré la beauté du corps humain comme la perfection méme ot tendaient les forces de la nature, je doute que les Hindous se soient fait une aussi haute idée de la forme humaine. S’ils ont donné a leurs dieux notre enveloppe, c’était pour se conformer a des prescriptions liturgiques traditionnelles et soigneusement conservées. Et ils n’ont jamais craint. ©
LA SCULPTURE. on faa
d’y associer des éléments animaux dans la proportion -
que comportaient leurs symboles. La sculpture, dans art indien, ne sert guére qu’A représenter des scénes religieuses ou les images des dieux.
Elle ne se sépare jamais de Varchitecture. Les statues isolées sont toujours des exceptions, 4 moins qu’elles ne fassent partie de l'ensemble d’un temple. Le portrait des hommes, la figuration én pied, en buste, comme Ventendit l’antiquité, comme nous Pentendons encore aujourd’hui, est une donnée qui
échappe aux artistes de l’Inde. A aucune €poque ils”
ne paraissent avoir taillé ou fondu des images qui ne soient pas religieuses ou tout au moins théoriques. Magnifier un homme par le ciseau est une idée qui ne leur est pas venue.
D’ailleurs, comme l’a dit avec beaucoup de justesse -
M. Sylvain. Lévi: « La sculpture suit fidélement les
destinées de l’architecture; les Hindous Vont toujours ©
traitée comme un art auxiliaire fait pour concourir a la décoration d’un édifice. » Or, comme les seuls édifices anciens que, posséde I’Inde sont des temples, les ‘sculptures qu’on y trouve appartiennent toutes au genre religieux. Ses
Si Pon enccroit les plus antiques traditions, il aurait existé de tout temps des statues dans ces temples. Quand le Bouddha Cakya-Mouni est présenté au temple, toutes les statues descendent de leur piédestal, tournent trois fois autour du saint en lui présentant toujours le cété droit et inclinent leur front jusqu’a toucher ses pieds'.