EN BOIS DE PONDICHERY
ou les mauvaises
lithographies qui figurent dans certains ouvrages sur la mythologie hindoue qu’il est possible de se faire
une idée quelconque de la statuaire. Il semble vrai-
ment que les auteurs de ces travaux aient pris a tache de choisir les plus détestables spécimens. C’est grace a
of
ces: malheureuses reproductions que s’est formé le préjugé, général aujourd’hui en Europe, que la statuaire hindoue est un art tout a fait inférieur... J’ai trouvé a Bhuwaneswar, Sanchi, Ellora, Ajunta, Badami, Khadjurao, Kombakanoum, etc., ‘a cdté d’ceuvres évidemment inférieures, des ceuvres, au contraire, fort remarquables et que ne désavoueraient certainement pas des artistes européens. Les bas-reliefs d’Udaygiri, Bharhut, Sanchi, Mahavellipore,... seraient considérés dans tous les pays
ee comme des‘ ceuvres tout a GRAND CHAITYA DE KARLI. fait supérieures. »
Ce dernier éloge n’est
point sans correctif. Tous les observateurs, et M. Le “Bon comme les autres, ont reconnu que les sculpteurs hindous prennent la plupart du temps avec les proportions des figures les plus’ étranges libertés. Ils furent | portés de tout temps a raccourcir extraordinairement les membres inférieurs. Et, a mesure que l’on descend vers le sud, cette tendance ne fait que s’exagérer. Si lon considére les figurines que l’on fait couramment & Poona (fig. 84 et 85) et au Bengale, et celles que l’on fait a Pondichéry (fig. 35), on remarquera que, de ces derniéres, les proportions des jambes sont’ extraordinai-
rement réduites. Mais ce défaut est singuliérement ancien. Nous le trouvons déja dans les antiques statues de Bharhut, peut-étre antérieures a notre ére. Si les jambes sont courtes, par contre les bras sont trés longs; telle figure du méme temple, si elle décroisait et laissait tomber les siens, pourrait :
toucher ses mollets sans fatigue.
Dans les images de femmes, l’Hindou exagére les. caractéres de la maternité; vénérant avant tout la beauté sensuelle, la gloire de la chair, il les fait bien en point, un peu fortes, les membres ronds et pleins, exagére le développement des hanches comme la finesse de la taille (fig. 36), gonfle la gorge, dont il dresse les seins jusqu’a lexagération. L’artiste se complait, en tout, a des indications théoriques, les draperies manquent de plis, les corsages collants ne font qu’un avec Je corps, les pans des ceintures sont raides; ce sont autant de caractéres qu’on retrouve dans les bas-reliefs assyriens. Mais la plupart de ces caractéres sont dans la vérité, les pagnes dont les femmes s’entourent donnent de pareils effets; il n’est pas venu aux sculpteurs hindous l’idée de donner du mouvement a des étoffes contre les indications de la réalité. Au reste, on €st surpris, 4 considérer les bas-reliefs si anciens de Bharhut, de voir combien peu les figures y different de celles que l’on peut regarder sur les monuments trés récents. Dés les derniers siécles avant notre ¢re, la tradition indienne était