‹ L'art indienChapitre 61 sur 160 · EN OR · texte numérisé non relu

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qu’a l’épaule. I] est certain que c’est de cet art, qui traversa le Thibet, que s’inspirérent les Japonais. C’est lui qui leur permit de faire toutes ces belles statues de Bouddhas et de Boddhisattvas que se disputent les amateurs et les musées. Avant de tomber dans sa decadence . naturaliste et impressionniste, I’art japonais s’inspira de‘l’art indo-grec plus qu’on n’a voulu le reconnaitre jusqu’ici. ei

L’influence hellénique ne Testa pas prépondérante,

.Son action éphémére ne modifia en rien le génie artistique hindon. Il a été jugé par la plupart des auteurs avec une injustice dont la seule excuse parait étre l’extraordinaire naiveté quand ce n’est pas le rigorisme piétiste, aussi exagéré que le fanatisme des conquérants musulmans. L’Anglais Mitchell, déplorant l’avor- . tement de cette renaissance occidentale, reconnait tristement que, « dans les monuments des temps postérieurs, Comme par exemple dans ceux du grand tope a Amravati, cette influence grecque disparait absolument pour laisser la place a un style Pee désagréable et a un symbolisme répulsif? ».

C’est, 4 nos yeux, ce sensualisme et ce symbolisme, cette fantaisie voluptueuse et cette puissante ou gracieuse liberté qu’il faut le plus admirer dans les ceuvres des sculpteurs hindous. Ce sont ces qualités mémes qui ont arraché aux visiteurs les moins prévenus les éloges

a les plus enthousiastes, quand, toutefois, les questions de doctrines ne venaient pas les aveugler. M. G. Le

Bon, dont je ne saurais-trop louer DPindépendance

1. Mitchell, History of ancient Sculpture, Londres, 1883, p. 609.

d’esprit, m’a paru le plus fidéle interpréte de cette.

admiration que nous avons tous ressentie en visitant ° . . . :

le monde de figures si vivantes qui fourmille le long

des parois comme sur les facades des temples : « Ici, ce sont des di-

vinités effrayantes: et farouches,

gardées par des géants de pierre qui semblent menacer le’ visiteur:

assez hardi pour s’approcher delles; puis des monstres grimacants, des déesses qui vous tendent les bras avec le plus charmant sou- ‘rire, des danseuses aux’ poses lascives, des dieux et des déesses qu’une étreinte amoureuse tient ,furieusement enlacés. Ce peuple didoles qui semblent vieilles comme le monde, d’étres surnaturels, de bayadéres et de sirénes,

forme une interminable procession

- qui se déroule sur les parois des temples et dans les souterrains de la montagne. » Telle est l’opinion de cet excellent observateur sur les temples d’Ellora. Il nous dit encore:

“« Ce n’est pas avec les esquisses

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