‹ L'art indienChapitre 69 sur 160 · BALI · texte numérisé non relu

BALI

Bois peint (Musée Guimet),

un bronze rehaussé de rubis incrustés suivant un procédé décoratif dont usérent sobrement les Indiens, mais dont les Birmans ont abusé.

Les «berger aux seize mille amantes, lenfant tendre et lascif qui se joue dans les bosquets de Brindaban », est figuré jouant de la flite au milieu de son troupeau, représenté par deux vaches. On remarquera la maniére habile dont l’artiste a fait preuye en réunissant entre elles toutes

les parties de la piéce pour la solidité de l’ensemble. Cette statuette est loin de compter parmi les meilleures, elle est cependant intéressante, parce qu'elle montre comment lart indo-chinois dériva de lart hindou le plus pur par des déformations insensibles. De méme le petit bronze informe (fig. 48), que j’ai

acheté jadis aux environs de Bombay, ‘nous montre, par son parti pris de raideur et son architecture générale, une tendance rappelant beaucoup lancienne Egypte. Quand on aura étudié soigneusement tous les petits monuments figuréside= finde, on é€prouvera, sans doute, plus d’une surprise.

Les Hindous ont, de tout temps, fondu des statues en argent ou en or massif; il en existe encore un certain nombre dans: les pagodes et dans les musées; la plupart de ces objets ont disparu au fur et 4 mesure “des conquétes. Il est douteux que la valeur de la matiére constituante ait été toujours égale au mérite artistique de l’ceuvre. Nous figurons ici ‘le petit Ganésa en argent plein du musée Guimet (fig. 50). Le fils de Civa et de Parvati est assis sur le Rat sacré, avec sa téte d’éléphant 4 une seule défense, et une pierre précieuse est’ enchassée dans son front. Beaucoup d’idoles

F1Ge 47. — GIVA.

Bronze (Musée Guimet).

indiennes sont des imitations de métaux précieux. On en a fait en bois, en terre cuite, artistement dorées ou argentées. Les artistes hindous excellent dans ce genre de travail. Trés habiles dans la fabrication des vernis, des mordants, ils obtiennent toujours d’excellents résultats.

Leurs grands chars sacrés sont, dans ce genre, comme les portes de beaucoup d’anciens temples conservées en divers musées de PInde, a Kurrachee, . notamment, de véritables merveilles.

L’originalité des sculptures gagne en effet sous la peinture rouge pourpré, sous la dorure, et sous le soleil flamboyant, ou méme sous la lumiére de mille torches; ce luxe éclatant et barbare ne manque pas de grandiose.

Mais plus grandioses encore smnbs none ey sont tous ces ensembles de BOMBAY. figures en pierre, en ciment méme ou en terre cuite, qui accompagnent partout l’architecture des pagodes. Les piliers s’évident en corps élégants de femmes aux formes voluptueuses et superbes; A Sriringam (fig. 16), des séries de gigantesques chevaux cabrés forment des allées de cariatides qui menacent d’écraser sous leurs pieds un peuple de figures animées du plus naturel mouvement; a Ellora, les dieux combattent dans une

Fic. 48.

mélée ou s’enchevétrent les hommes et les monstres (fig. 51); a Elephanta se déroulent sur les murs en longues séries les amours de Giva et de Parvati (fig. 18). Partout, quel que soit le mérite des ceuvres — et ces derniéres ne sont pas parmi les meilleures — éclatent la.

vie et le mouvement.

Dans les productions plus modestes se manifeste un art intelligent et intime, comme dans ces petits bronzes du Coromandel, ou les envahisseurs venus du Nord sont coulés dans le métal avec les indications les plus spirituelles (fig. 106, 107 et 108), depuis le cavalier mahratte (fig. 106) jusquwau féroce musulman (fig. 107), en passant par le guerrier du Sind ou du Guzerat, monté sur son dromadaire (fig. 108). On peut voir au Kensington Museum ces curieux produits d’un art contemporain des derniéres années du siecle dernier, sans doute, et qui font partie de la collection jadis exposée par le prince de Galles a Paris (1878). Un merveilleux petit chamelier en pierre sculptée, du Radjpoutana (fig. 81), appartenant au méme musée, est devenu classique par la belle publication de Birwood!.

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