SCULPTURE, GROTTES D’ELLORA
va, il sort du corps renversé sous les espéces humaines. Armé d’un cimeterre qu’il cherche a tirer de son fourreau, il se dresse menacant. Mais la longue lance de la déesse le cloue au sol, tandis qu’un grand lion abandonnant la téte du buffle se précipite au combat. Les dix bras de Dourga brandissent des armes ou des attributs divers : le disque,-le harpon, le trident, le sabre, la fléche, le bouclier, le lacet, la sonnette et le poignard.
Coiffée @une haute couronne en plumes, la déesse est revétue d’une courte tunique qui découvre ses jambes et laisse voir sa poitrine.. A ses cotés sont de petites figures qui semblent l’encourager sans prendre autrement parti dans l’action. A sa droite, c’est une femme debout qui tient des fleurs; plus bas, Ganésa est assis sur son rat. A gauche, une femme joue du luth, et au-dessous se voit Skanda sur son paon. Les délicats ornements du pourtour représentent ce joyau en forme de plume incurvée que les miniaturistes ont toujours mis entre les mains des rajahs ou des empereurs. La frise semi-circulaire déroule une théorie de personnages minuscules qui agissent, s’empressent, combattent, ménent des éléphants, ou s’avancent montés sur des beeufs.
Dans les délicieux coffrets en bois de santal connus sous le nom de boites de Surate et de Bombay, les artistes du Guzerat reproduisent a linfini les hauts faits des divinités pouraniques. Ou bien ils représentent des scénes de chasse; des animaux s’enfuient a travers lépaisse forét, ot circulent des singes, ou les Oiseaux se jouent parmi les branches, tandis que les chasseurs guettent les cerfs, les buffles aux prises avec les guépards, les panthéres ou les tigres. On remarquera que, parmi ces objets maintenant communs partout, les plus anciens sont toujours ceux du meilleur travail. J’ai acheté dans I’Inde, a vingt ans d’intervalle, des boites de santal, elles sont toujours exécutées dans le méme style, mais la perfection et le fini en sont de valeur trés diverse. I] en est de méme pour les sculptures exécutées en d’autres régions. Un magnifique
coffret du Travancore, appartenant au Kensington Mu-. seum, et dont nous reproduisons un fragment (fig. 77), nous montre des Hindous occupés 4 récolter des fruits. Dans le lacis végétal se trouvent mélés des oiseaux et: des singes, Il. * < semblerait que l’artiste ait voulu observer la les lois de la perspective en représentant divers plans de:la forét. Les fleurs du premier plan sont trés grandes, mais les arbres: du dernier plan sont trés petits.
Lemouvement des figures est