‹ L'art indienChapitre 78 sur 160 · Gazette des Beaux-Arts, id. ibid., p. 5o · texte numérisé non relu

Gazette des Beaux-Arts, id. ibid., p. 5o

2. Nous n’avons figuré ici aucune miniature indienne de lépo- ©

que musulmane parce que, en dehors du costume des personmages, elles n’apportent aucun renseignement sur [art indien. Toutes sont nettement persanes. Cf. Gayet, l’Art persan, p. 285, chap. 1. D’ailleurs, comme nous le verrons dans ‘les pages *suivantes de notre manuel, tous les arts décoratifs, avec leurs éléments et leurs partis, semblent étre venus du nord musulman ‘de l’Inde pour se greffer sur une tradition plus ancienne.

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munies de plusieurs paires de membres, les bras se multiplient de préférence, parce que les mains doivent

tenir les instruments symboliques. inséparables de la

divinité. Assis sur son bélier qui galope, Agni, a double face, tient dans ses six mains des armes ou des objets liturgiques. Le Sourya védique, comme dans les vieilles sculptures bouddhiques, se :

fait véhiculer dans le char d’Hélios, dont Punique coursier posséde sept tétes, par une simplification théorique.

Chandra Soma, dans:son chariot a quatre roues, est trainé par l’antilope a bézoard. Indra, a dos d’éléphant, dirige. avec ses quatre ‘bras sa monture a trois trompes. Varouna che-:

-vauche un monstre abominable FIG." $$»

a téte de veau, 4 queue de pois- PARVATI DEVI. son, avec une schabraque écail- eae

leuse comme la carapace d’un tatou. Couché sur une large feuille verte, le jeune Narayana suce son pied

gauche tout en voguant sur l’onde azurée. La belle Sarasvati, la Junon indienne, est 4 cheval sur son paon, fier de porter un tel fardeau (fig. 54). La déesse Parvati apparait assise, avec son époux Civa, sur son -tréne, ou bien, réduite aux proportions d’un enfant, elle est bercée aux bras du dieu; sous la forme Devi elle siége dans un portique, sous un dais, adorée par deux éléphants qui l’arrosent de parfums (fig. 55). Comme Dourga, elle combat le démon, qui s’est incarné

dans un buffle (fig. 56). En tant que Kali, elle est représentée sous une figure tantdt hideuse et bleue, tantét noire, mais d’une froide et réguliére beauté. L. Rousselet a donné une magnifique figure ov I’on voit la déesse volant en lair, dans ses longs pagnes retombant en queues spatulées, au-dessus d’un tigre qui dévore des hommes sous un portique délicatement orné!. Les avatars de Vichnou sont le sujet de tableaux sans nombre. Sous la forme du Bouddha il est représenté nu, les jambes croisées, dans l’attitude calme et recueillie que lui donnent les vieilles sculptures de Sanchi et de Bharhut.

Dans ces peintures, les colorations les plus vives, les plus tranpeas chées, s’opposent sans guere se Parvati pourca, heurter. Employées en teintes plates, les couleurs ne s’atténuent ni ne se haussent en ton pour concourir au modelé. Celui-ci n’existe guére. Quelques touches roses ou bleues, disposées en bordure ou en tailles longitudinalement paralléles, viennent figurer les plis des pagnes. L’or ou Pargent, appliqués nettement par places, enrichissent les tiares, les colliers, les pectoraux, De tous ces dieux, de toutes ces bayadéres, les corps et les vétements disparaissent sous l’orfévrerie qui les charge. Comme I’a dit avec raison M. E, Sénart aca magnificence orientale oscille communément entre

ke. Rousselet, Joc. Cites Pp 7 D2:

Paccumulation de richesses trés positives, entassement de perles et de pierres précieuses, et un déploiement de splendeurs plus voyantes que cofiteuses, dont quelques couleurs éclatantes et un peu de clinquant font les-frais, » C’est cette ‘richesse que les artistes ont le plus a coeur de repre- Senter. ls y,

mettent tous leurs soins, sans avoir jamais

pensé a donner la vie aux figures hiératiques qwils reproduisent, de pére en fils, depuis des siécles, sans se préoccuper de

FIG. §7. — DIVINITE POURANIQUE.

les faire meil- Peinture sur verre. Travail de Pondichéry. leures ou pires.

G. Le Bon I’a déclaré avec raison: « Dans sa peinture, comme dans sa littérature, l’Inde en est demeurée a une eee d’évolution fone a peu pres au moyen age.

Les peintures sur verre sont ou de véritables tableaux comme ceux qu’on vend dans tous les bazars (fig. 57) ou des panneaux recouvrant des coffrets. Le sujet est peint sur la face intérieure, comme dans les verres

eglomisés, et des feuilles d’or et d’argent appliquées en couches minces, avec un vernis coloré, rehaussent Peffet général. Les chairs sont indiquées en rose clair, les contours cernés du méme ton , plus vigoureux, donnent un modelé conventionnel qui se détache sur le

- fond d’un rouge écarlate éclatant, ou bleu, ou vert

avec de grandes appliques dorées.

En fait, les peintres hindous n’ont jamais eu le moindre souci de représenter la nature. Ils se sont contentés et se contentent encore d’enluminer avec goitt des dessins théoriques et traditionnels dont le parti décoratif n’est nullement inférieur a celui des autres peuples orientaux. —

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