‹ L'art indienChapitre 93 sur 160 · Cf. G. Le Bon, Civilisations, p · texte numérisé non relu

Cf. G. Le Bon, Civilisations, p

2. « Quoique les chaises ne soient pas ordinairement employées par les indigénes de I’Inde, néanmoins elles leur sont familiéres comme les trénes des rois. Les trones en or sont mentionnés dans le Rig-Véda, le Ramayana et le Mahabharata. Quand Bharata fut de retour aprés sa visite 4 Rama, on représente sa mere comme se précipitant vers lui « de son tréne en or». Sur les sculptures antiques, les trénes sont vus dans la mé€me forme que les morahs de canne en sablier, siéges que lon voit encore maintenant: presque partout en Inde, et dont les formes sont évidemment dérivées de celles des trones en lotus des dieux... L’or, argent et le cuivre sont les métaux les plus employés pour la fabrication des trénes. Le fer est interdit, excepté pour les siéges d’incantation, etc. » (Birwood, Industr. Arts, II, p. 38.) — Un de ces trénes en argent fut offert au prince de Galles. par les brahmes de Madura; les ornements ciselés y reproduisent les principaux motifs des pagodes du lieu. Un palanquin en bois incrusté @ivoire, travail de Vizagapatam, fut aussi offert a ce prince. Les palanquins et les chaises a porteurs, avec leurs batons, comptent parmi. les meubles ow s’est déployéé Vindustrie décorative indienne. (Cf. Birwood, loc. cit.)

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hommes et femmes sont assis sur des tapis, accotés ou adossés 4 des coussins}, Aujourd’hui méme, les Hindous les plus civilisés mont de siéges, de tables, que dans leurs salles de réception, pour lusage des étrangers. Dans leur appar- tementintime, ils s’asseyentaterre, mangent sur des plateaux, écrivent sur des planchettes posées sur leurs genoux, ou “a la facon

arabe, en te- FIG. 77. — PANNEAU EN BOIS SCULPTE nant une : DU TRAVANCORE.

feuille de pa- (D’aprés G. Birwood.)

pier déroulée, A mesure, dans la main gauche, tandis que la droite trace les caractéres, 4 bout de calame ou de

plume.

1. Voyez dans G. Le Bon, Civilisations, p. 113, la merveilleuse miniature représentant une jeune fille mogole ainsi accoudée. — Ces coussins cylindriques sont encore en usage dans les maisons indiennes. (Cf. Birwood, loc. cit., p. 30.)

Aussi les meubles en bois sculpté qu’on fabrique en diverses régions de l’Inde, sont-ils surtout destinés a ces salles de réception ou aux Européens, qui les transportent parfois en France. Tel ce grand dressoir en bois noir de Bombay (fig. 72), type de ces beaux meubles que les ébénistes hindous appellent trayail yieux de Bombay, parce qu’ils continuent depuis trois siécles a les exécuter d’aprés des modéles traditionnels. Fait en un bois dur ressemblant au palissandre*, dun beau brun qui s’éclaircit sous le polissoir, ce grand meuble a son couronnement ou dossier calirpletenteit repercé comme les quatre vantaux de

ses portes. Celles-ci sont, arquées en plein cintre,

comme des arcades romanes. Des trois corps, délimités par quatre pieds-droits ou pilastres appuyés sur les pieds saillants, qui sont autant de monstres, celui du milieu a seul son contour bombé. Les autres sont plans. Si l'on fait abstraction des motifs décoratifs, a considérer ce meuble, on pourrait le prendre pour un buffet hollandais du xvm® siécle ou méme de la fin.du xvi° siécle; les cariatides divisant les corps sont bien caractéristiques, mais l’ornement surchargé, dont Pélément est l’arbre de vie décomposé en rinceaux ténus chargés de folioles, la forme des monstres et

.des gaines, la trop grande richesse des retombées qui

se cambrent entre les pieds, nous montrent une ceuvre bien indienne. On est effrayé du temps employé a percer toutes les fenestrations qui ajourent cette guipure de bois fouillée au ciseau avec une délicatesse

- Ce bois est fourni par un arbre du genre dalbergia (légumineuses papilionacées; c’est le shisham des Hindous).

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précieuse*. Et, il faut le reconnaitre, Veffet obtenu n’est pas en rapport avec le travail dépensé. Le décor

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