FIG. 78. — DOURGA
Ivoire. ‘S (Musée Guimet.)
est trop chargé, il papillote, car, en dehors de la tablette, tout le meuble est impitoyablement ciselé,
1. Quand on considére ces ornements ténus, on est frappé du rapport qu’ils présentent avec ceux des coquilles de rapiéres -portugaises du xvur siécle. C’est le méme parti décoratif consistant en longues et minces tiges enroulées en rinceaux trés fermés, dont les folioles excavées en leur milieu se relient tou-
sans qu’une seule surface unie donne un peu de repos a Vceil.
Tables, chaises, dressoirs, tout est ainsi traité dans ce style, qui s’étale sur les portes des maisons, et je dois dire qu’il y produit un bien meilleur effet. Appliqué aux coffrets, aux petites boites, il donne lieu a des ceuvres charmantes, ot excellent les sculpteurs de Guzerat. C’est a Ahmedabad que se travaillaient originairement tous ces objets, dont la fabrication se tient principalement aujourd’hui a Bombay. Mais Yon devra toujours chercher dans la premiére de ces villes les plus délicats spécimens of l'art musulman a laissé son empreinte, La table a café ici figurée (fig. 73), présente ses huit faces ajourées de petites fenétres polygonales groupées sous une arcature arabe qui rappelle les mihrabs des mosquées de Delhi ou d’Agra. Les montants, comme la tablette, sont travaillés en bas-relief. Le petit porte-coran (fig. 74), est sorti des
jours aux filets de maniére a former un réseau A mailles continues. Il faut dire que ces dessins sont bien différents des motifs Renaissance appliqués aux coquilles de la contrefacon moderne qui commenga a inonder le marché dés l’époque romantique, et dont certaines rapiéres et dagues de fameuses collections pari- Siennes, telles que la collection Spitzer, présentent de notables exemples. On peut croire que les Portugais firent, au xvu° siécle, repercer les coquilles d’acier, en Inde, comme, au siécle suivant, On envoyait broder des habits en Chine, en Hindoustan, ou ciseler des épées au Tonkin. Je crois, d’a#lleurs, que cette forme de coquille hémisphérique est originaire de l’Inde, comme on peut s'en convaincre en regardant certaines armes indiennes. . Birwood a expliqué comment nombré de cabinets. des xvyie et xvue siécles, considérés-comme portugais, ont été incrustés dans Inde, & Goa notamment, @aprés les méthodes persanes. (Cf. Industr. Arts, Il, p- 41.)
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mémes ateliers. Son ornementation, également traitée en bas-relief, est un assemblage de rosettes et de feuillages.: Le pied est allégé par un grand jour du plus pur style
arabe.:. Les | sculpteurs sur I i
SUNTAN AT i HII bois d’Ahme-- a ae dabad sont, iP comme je lai & dit plus haut, les principaux
auteurs de ces
jolis coffrets de
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sandal qui se a
vendent par- ips ae ye E tout sous le ip nom de. boites Poi He LA) de Bombay ou (Exe ee de '-Surate:
. | Aussi renom- [ | | Z NUL
més qu’eux
sont leurs voi- FIG. 79.
sins de Dho- PEIGNE EN IVOIRE.
Bombay.
lera. Les es- (D’aprés G. Birwood:)
sences qu’ils travaillent ne sont pas indigénes dans le Guzerat, c’est des foréts méridionales que viennent les bois tels que le teck, le shisham, le sandal qui se trouve plus au sud encore.
Non moins habiles sont les ébénistes de Monghyr, dans le Bengale, qui emploient surtout le bois d’un
palmier (borassus flabelliformis), si commun dans toute la région indo-malaise, et aussi diverses sortes d’ébéne. Un trés ancien ouvrage didactique hindou, datant du vi* siecle de notre ére, le Brihat Sanhitat, mentionne les principales espéces de bois qui se travaillent le mieux en ébénisterie. Ce sont l’asana (pentaptera tomentosa), le syandana (dalbergia oogeinensis), le chandan ou sandal (santalum album), et sans doute d’autres espéces d’arbres comme on I’a reconnu aujour- @hui : Vharidra, qui est un bois de fer (mesea ferrea), le suradaru (pinus deodara), le tinduki (diospyros glutinosa), le sala (shorea robusta), le gambhar ou kasmari (gmelina arborea), Vanjana (micheelia champaca Ou memecylon tinctorium), le taka ou tek (tectona grandis), le sinsapa ou shisham (genre dalbergia). D’autres ouvrages donnent les renseignements les plus détaillés sur les conditions d’aprés lesquelles on doit accepter ou rejeter les bois’.
La piéce la plus. importante de l’ameublement hindou est le lit. Les matiéres les plus précieuses ont été, de tout temps, employées pour sa confection, et il y a quelques années les sculpteurs du Travancore
1. Cet ouvrage, qui est un traité d’astronomie, a été écrit par Vahara Mihira, d’aprés la mention de Radjendralala Mitra.
2. Ces renseignements se trouvent notamment dans le Silpa Sastra (Mécanique et Architecture) et dans les Pouranas. A cété des prescriptions les plus raisonnables, on voit des mentions telles que celles-ci : « Rejeter les arbres qui croissent: prés d’une sépulture ou sur un endroit sacré; rejeter aussi ceux qui: sont tombés vers le Sud... » Le principe général est de n’employer que les arbres abattus en pleine séve, etc. (Cf. Birwood, loc. cit., II, p.' 37.)
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en offrirent un, d'ivoire, merveilleusement travaillé, au prince de Galles. Le maharadjah de Kashmir en donna un a quatre colonnes, en argent ciselé, doré par places, avec toutes ses tentures brodées jaune sur rouge.
Birwood a fait remarquer que le lit 4 quatre colonnes, si commun dans l’Inde actuelle, n’était pas usité aux temps an- | tiques. Lelitd’alors, tel qu'on le voit figuré. sur quelques bas-reliefs, était assez semblable 4 celuides Egyptiens « et au moderne char-pai indien, composé d’un réseau tendu