FABRICATION
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On a dit avec raison que les laques étaient les objets les plus parfaits qui fussent sortis de la main des hommes; ils sont tout au moins les plus délicats. Leur fabrication est, depuis de longs siècles et aujourd'hui encore, la gloire des Japonais. C'est une industrie nationale qui leur appartient en propre et pour laquelle ils ne doivent rien à personne. La singularité des procédés, le fini de la main-d'œuvre, la beauté et le précieux des matières en font une chose à part dans les manifestations artistiques de l'extrême Orient. Les laques du Japon jouissent d'une universelle célébrité. Ce sont les plus merveilleuses pièces de vitrines qui puissent enchanter l'œil d'un collectionneur.
Le mot laque désigne le vernis lui-même (ouroushi) , qui est employé dans l'exécution des objets. Cette gomme est extraite du Rhus vernicifera, arbre appartenant à la famille des Anacardiacées, qui atteint en six ou sept ans une hauteur de sept à huit mètres. Lorsque l'arbre est arrivé à son développement, on en extrait le vernis en y pratiquant des incisions horizontales. La sève qui s'en échappe est recueillie dans des écuelles de bois, puis exposée au
soleil et remuée au moyen d'une grande spatule de fer pour la débarrasser, par l'évaporation , de son excédent d'eau. Le meilleur vernis est celui que Ton récolte de la fin de juillet au milieu de septembre. Les centres les plus estimés de production sont, en première ligne, Yoshino, dans la province de Yamato, puis Aétsou et Foukoushima, dans celle d'Ivashiro, et Nambou, dans celle de Rikoushiou. L'opération de la récolte de ce vernis, qui est une substance corrosive, k^-^r7<~ n'est pas sans dangers et demande de b^&T"' grandes précautions.
L'ouroushi est employé pur, sans autre :\;';tt préparation, ou tamisé, ou additionné de diverses matières, telles que sulfate de fer, toshirou on nomme toshirou l'eau plus ou moins trouble que l'on obtient en aiguisant, sur une pierre à repasser les couteaux servant à couper le tabac), huile fine et poudre de pierre ponce. Le vernis à l'état pur s'appelle kouromé ouroushi, il prend le nom de seshimé ouroushi, lorsqu'il est tamisé, et de kouro ouroushi lorsqu'il renferme du sulfate de fer et du toshirou. Le sou ouroushi désigne un mélange de kouromé ouroushi et de vermillon ou d'oxyde rouge de fer.
L'emploi du vernis, pour laquer les objets et les recouvrir de ces belles enveloppes brillantes et presque métalliques que nous admirons, est soumis à des procédés variés à l'infini. On en trouvera le détail très complet dans le Rapport de la commission japonaise à l'Exposition universelle de 1878'. L'article rédigé à un point de vue essentiellement technique, par M. Maéda, avait été d'abord publié dans la Revue scientifique 2 , dont mon ami
1 Le Japon à l'Exposition universelle de i8jS. Deuxième partie^ p. 64 et suiv. 3. N» de juin 1878.
LES LAQUES
M. Charles Ephrussi a tiré parti dans l'intéressant article de la Galette des Beaux-Arts qu'il a consacré aux Laques japonais du Trocadéro1.
Je me contenterai d'indiquer les principales phases de Topération par laquelle doit passer toute pièce de laque, même celle qui doit rester sans décor.
On taille et on colle les différents morceaux de bois composant l'objet que l'on veut vernir. Dans les petites pièces , les lamelles de bois