‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 107 sur 159 · PETITE BOITE AUX ARMOIRIES DES TAÎKO, PAR SHIOUNSHIO · texte numérisé non relu

PETITE BOITE AUX ARMOIRIES DES TAÎKO, PAR SHIOUNSHIO

(Collection de M. L. Gonse. )

1. M. Dresser (Japan, its architecture, etcjfait remarquer qu'à cette époque les dessins sur laque étaient exécutés par des peintres du plus grand renom. Kanaoka a décoré des boîtes de laque, et la parenté de celle-ci est frappante avec le kakémono de cet artiste que nous avons reproduit au chapitre de la Peinture.

LES LAQUES

l'âge de fer des Taïra et des Minamoto. A l'époque où Yoritomo fondait Kamakoura, les procédés en étaient presque oubliés. Il fallut reconquérir à nouveau et pas à pas le terrain perdu. Le grand Shiogoun aida de toutes ses forces à cette renaissance. Sa femme Massago avait la passion des objets en laque. Deux ou trois pièces venues en

COFFRE A ÉTOFFES EN LAQUE NOIR DÉCORÉ DE LAQUE D'OR (XVIIe SIÈCLE] (Pièce conservée dans le trésor du temple d'Idzoukou-Shima. )

Europe nous permettent de nous rendre compte de l'état d'infériorité où était tombé l'art du laqueur au commencement du xne siècle. On copie d'abord avec gaucherie les pièces de Shioumoun; les motifs sont encore empruntés à l'art bouddhique ; puis l'individualisme des artistes s'affirme, les premiers essais de laques en reliefs apparaissent, on ébauche de timides incrustations1; un art d'un caractère

1. M. Wakaï avait apporté avec lui lors de son dernier voyage un des exemples les plus anciens d'incrustation de nacre sur laque noir. C'était une boîte ronde décorée d'un

robuste, d'une exécution un peu sauvage, se forme sous le nom d'école de Kamakoura. Je puis citer, parmi les spécimens les plus intéressants du xme siècle, un plateau de la collection Burty, à fond aventuriné et à bords plats, décoré, en laque d'or, de filets séchant à l'air sur le bord de l'eau, et de rochers simulés par des petits pavés en argent.

Tandis que l'évolution se poursuit à Kamakoura pendant le cours des xive et xve siècles, une renaissance de même nature se produit à Kioto. Les Ashikaga impriment à l'industrie des laques un important essor. Sous Yoshimasa, elle brillait de nouveau du plus vif éclat. Les laques du temps de Yoshimasa sont d'une beauté incomparable. Si la finesse et l'élégance de la grande époque impériale n'ont pas été entièrement retrouvées, du moins les produits de la seconde moitié du xve siècle se distinguent-ils par la sévérité du style, la force et l'originalité de l'exécution. Les pavages et mosaïquages d'or et d'argent en pépites épaisses, les incrustations de métal plein, introduisent dans la fabrication des ressources d'une grande variété. Les laques d'argent et les laques de vermillon enrichissent la gamme des couleurs. Les laques en relief ont réalisé d'immenses progrès et touchent à leur plein.

Les Japonais estiment, entre tous, les laques de Yoshimasa. Il est certain qu'à aucune époque le travail n'a été plus consciencieux. Les beaux laques de cette période sont d'une solidité à toute épreuve. On les reconnaît non seulement au caractère du décor, qui est presque toujours emprunté à l'école de Kano, mais aussi aux procédés eux-mêmes. Les mosaïquages d'or, très employés dans les fonds, sont encore rugueux; le polissage à la pierre n'en a pas aplani complètement les aspérités; les grains d'or enchâssés

motif représentant des coupeurs de riz, dont le dessin appartenait à la pure école de Tosa. Cette pièce remontait au moins au xne ou au xin" siècle. Elle a été remportée au Japon par son propriétaire.

LES LAQUES

dans le vernis en dépassent la surface. 11 faut noter la remarque, qui est importante pour la détermination de l'âge d'un laque. Cette partie du travail des laques est la plus difficile et la plus longue de toutes, chaque grain devant être poli séparément avant d'être fixé dans le vernis, à Taide d'une pince microscopique. Au milieu du xvne siècle, le pavage des laques avec des paillettes d'or avait atteint son plus haut degré de perfection; les surfaces sont parfaitement lisses au toucher. Au xvme siècle, ce procédé, aussi magnifique que dispendieux, était à peu , ; ,,,,

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