‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 130 sur 159 · PAON, PAR HOKOUSAÏ · texte numérisé non relu

PAON, PAR HOKOUSAÏ

(Gravure tirée d'une des petites « Mangoua ». )

Mais les productions de cette nature ne résument en aucune façon, pour nous, l'esprit de la céramique japonaise. Nous sommes en cela plus avancés que ne Tétaient nos pères, aux yeux de qui la porcelaine d'Arita (Hizen), désignée plus tard en Europe sous le nom

de « vieux Japon » , représentait cet art presque dans son entier. Disons bien haut que jamais erreur plus profonde ne fut commise, car aucune des porcelaines qui jadis furent en faveur chez nous

ne répondait véritablement à l'esprit national. Aussi bien, rien de tout cela n'a été fabriqué pour l'usage indigène ; c'est pour l'Europe qu'ont été confectionnés et les immenses potiches et les cornets élancés, les écuelles et les figures de grandes dimensions. Certes, tous ces objets, d'un éclat superbe, décoraient admirablement les palais de nos grands seigneurs d'autrefois, et aujourd'hui encore ils piquent de leurs notes scintillantes et gaies la lumière tamisée dans laquelle nous aimons à noyer l'intérieur de nos demeures.

Pour les Japonais c'étaient cependant là des fabrications grossières; ce n'est pas à dire que ce peuple soit insensible au mérite des grandes décorations, bien qu'elles excluent par leur nature les délicates beautés d'une exécution minutieuse ; mais il y a ici une question d'optique et de [valeur de tons dont il faut tenir grand compte. L'éclat qui, répandu sur de larges surfaces, nous réjouit l'œil aurait paru brutal dans des milieux à la fois lumineux et calmes; les dessins à grandes lignes ornementales qui nous séduisent par leur ampleur et leur symétrie, les dimensions des contours, eussent semblé gigantesques et encombrants au delà de toutes pro-

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