BOUTEILLE EN ANCIEN SATSOUMA
(Collection de M. S. Bing.)
viennent compléter un ensemble qui tient de la bijouterie presque autant que de la céramique.
La planche VI nous offre quelques jolis échantillons sous les numéros 3 et 5. Un autre spécimen, qui se trouve reproduit ici,
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mérite une attention toute spéciale, à cause de son grand caractère artistique aussi bien qu'en raison de l'histoire qui s'y rattache et qui fixe nettement la date de son origine. C'est un brùle-parfums sous forme de chat endormi. Cet objet avait été offert vers 1780 par le prince de Satsouma à la princesse Tayasou-Tokougava; par suite de la révolution de 1868, il a passé aux mains d'un banquier d'Osaka, pour être plus tard acquis par M. Wakaï. Il appartient aujourd'hui à M. Louis Gonse.
En dehors de ces sortes de productions qui ont rendu populaire le nom de Satsouma, les fours de la province ont produit des spécimens divers qui constituent des genres exceptionnels et ne présentent généralement d'autre ornementation que la couleur de leurs couvertes. Parmi les types les plus dignes de remarque dans cet ordre, nous citerons des pièces émaillées mi-parties noir et mi-parties blanc. Les deux tons si différents qui forment ce singulier contraste se touchent, et la ligne de démarcation est d'une netteté parfaite; la partie blanche offre les fines gerçures que nous avons décrites plus haut, tandis que la surface formée par l'émail noir est lisse et opaque.
Nous avons sous les yeux d'autres échantillons très variés : un bol à thé dont l'émail épais et velouté imite l'écaillé de la tortue ; un vase flambé de bleu aux tons dégradés; un petit pot à thé portant un ton verdâtre maculé de bleu et sur la partie supérieure duquel s'étend une coulée d'argent qui semble s'échapper de l'orifice ; un bol revêtu d'un émail vert d'eau moucheté, de la plus limpide transparence.
YATSOUSHIRO, AGANO, TAKATORI, ODO, HAGHI, IDZOUMO, TAMBA, ZÉZÉ, OWARI, MINO, IGA, SHIGARAKI, MINATO, BIZEN, SÔMA, SHIDORO, ASAHI, AKAHADA, KO SO B É- SAN D A , AVADJI, KISHIU, BANKO, YÉDO ET DIVERS.
Il nous faut compléter la liste des établissements de potiers fondés par les ouvriers coréens en 1598.
Un rôle dominant dans l'histoire de ces entreprises appartient au prince Kato-Kiyomosa, seigneur de Higo, ami fidèle de Taïko- Hidéyoshi et l'un de ses généraux les plus renommés. Il avait ramené un certain nombre de céramistes dont le plus célèbre , Ki\o , érigea les fours de Yatsoushiro, nom d'un district de la province de Higo.
Les poteries de Yatsoushiro offrent une particularité curieuse. Tandis que la composition de leurs matières et l'ordonnance des dessins se sont progressivement pliées aux exigences du raffinement japonais, les procédés d'exécution sont restés invariablement soumis aux préceptes purement^coréens.
C'est au système des incrustations dans la couverte que sont
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empruntés tous les effets de décoration qui ornent ces objets. Ce sont des frises, feuillages ou fleurs, armoiries princières, etc., qui ressortent en émail blanc encastrés dans le fond d'un gris sombre se colorant parfois de la teinte rouge de la pâte.
Les plus jolis spécimens de cette fabrication, ceux qui se recommandent par la finesse de leur pâte et l'éclat de leur émail, ont été produits dans l'espace des cent dernières années. De ce nombre est le bol n° 2 dont la planche VIII nous offre une jolie reproduction.
Le même Kizo, à qui l'on doit l'établissement de Yatsoushiro, passe pour avoir fondé aussi les fours à'Agano (province de Boungo) dont les produits sont cependant d'une nature bien différente ; la matière en est très rugueuse et l'émail, appliqué par couches épaisses, est dépourvu de décors.
Les poteries d'Agano n'en jouissent pas moins d'une réputation justifiée par le goût et le soin qui ont présidé à leur fabrication.
Le prince de Tshikouzen, autre général sous les ordres de Taïko, avait de son côté ramené un ouvrier coréen du nom de Hatshijo, lequel établit la réputation des poteries de Takatori, village de la province de Tshikouzen.
Les conseifs de Yenshiu, le fameux tshiajin de l'époque, ont exercé une influence considérable sur ces produits ; et les tasses comme les pots à thé, fabriqués sous l'inspiration du célèbre amateur, se distinguent par le bel éclat de leur émail. C'est une qualité qui s'est d'ailleurs perpétuée depuis lors dans les productions de Takatori, lesquelles nous frappent par leur couverte brillante, de tons bruns souvent rompus par des mélanges de colorations différentes. Voir la gourde reproduite à la planche IX, sous le n° 4.
Outre les ustensiles de ménage, Takatori a, plus tard, fabriqué
LA CÉRAMIQUE
de nombreuses figures d'hommes ou d'animaux modelées avec un art parfait.
Nous aurons épuisé la nomenclature des immigrations coréennes survenues à la suite de la grande expédition, après avoir dit que le
SINGE ATTAQUANT UN CERF, EN GRES EMAILLE DE TAKATORI. (Collection de M. S. Bing.)
prince de Tosa avait ramené Shiohakou le céramiste qui fut chargé d'établir des fours au village SOdo, province de Tosa, et enfin, lorsque nous aurons relaté que le prince de Nagato créa les poteries de Haghi en installant dans le village de Matsoumoto un artiste qui allait acquérir une grande célébrité sous le nom de Koraï\ayémon. VOdo-Yaki est une poterie fine qui se distingue par une terre rougeâtre recouverte d'un émail gris pâle ; des dessins bleus sous émail y sont fréquents ; d'autres spécimens portent des décors de couleur au feu de moufle.
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Quant aux Haghi- Yaki, ils offrent également un fond clair, mais recouvrant une pâte infiniment plus dure.
C'est dans la beauté de l'émail que réside la qualité dominante de ces objets, et seules des marbrures de tons opposés viennent souvent compléter une ornementation qui séduit par la sobriété même et impressionne par ses effets doux et harmonieux. 11 a été modelé à Haghi des figures dont l'exécution témoigne d'un art consommé et dont un spécimen remarquable se trouve reproduit à l'eau-forte planche XII.
Gombeï, l'un des élèves de ce même Koraïzayémon, qui fut le fondateur de Haghi, était allé s'établir à Hakouzan, village de la province (ïId~oumo, pour y créer une fabrication qui n'est pas sans analogie avec le Haghi. Les spécimens du vieil Idzoumo sont assez rares; la fabrication n'a pris un certain développement que dans les derniers temps depuis qu'elle a été transférée au village de Matsouiyé situé dans la même province.
Nous avons décrit l'intervention des artistes coréens du xvie siècle, en tant que nous avons pu en dégager l'histoire d'après des données précises. Il nous est impossible de ne pas faire entrer dans la même série un certain nombre de fabrications qui nous frappent par un caractère de parenté bien prononcée avec plusieurs d'entre celles que nous venons de décrire, bienque l'histoire ne fasse aucune mention des liens qui les y rattachent.
Les produits de Takatori notamment ont deux similaires presque exacts, à savoir les poteries de Tamba et celles de Zé^é, avec cette différence qu'à notre connaissance il n'existe pas de figures de ces dernières provenances.
Les Tamba-Yaki ont été fabriqués dans le district de Taki, province de Tamba; ils sont représentés principalement par