BOITE A PARFUMS, PAR RITSOUÔ
(Collection de M. S. Bing.)
LA CÉRAMIQUE
Yédo. Par contre, la ville des Shiogouns a vu naître, sous l'influence d'un maître de premier ordre, Ritsouô, un art tout spécial où la céramique n'entre qu'à titre d'appoint. Mais l'apport qu'elle fournit est empreint d'un caractère si particulier qu'il est impossible de le passer sous silence dans ce chapitre, bien qu'il ait déjà été question de l'ensemble de la fabrication à laquelle nous faisons allusion
COUPE EN TERRE CUITE, MODELEE PAR KOREN. (Collection de M. Louis Gonse. )
dans une autre partie de cet ouvrage1. Nous voulons parler d'ornements en faïence, qui, sous forme d'oiseaux, de branches fleuries ou d'autres motifs, viennent décorer des objets en bois laqué formant des petits meubles, plateaux ou panneaux décoratifs. Le jet hardi et l'ample liberté du dessin, les colorations harmonieuses et merveilleusement raisonnées qui animent ces bas-reliefs, les rendent dignes de toute l'admiration qu'ils excitent chez les amateurs. Pour la confection de ces faïences destinées à être mélangées à d'autres matières, Ritsouô et ses successeurs, parmi lesquels il faut citer en première ligne Hanzan, ont construit dans leurs demeures
i. Voir le chapitre des Laques.
des fours à céramique de dimensions restreintes, où ils ont également produit, à l'occasion, de petites pièces de poterie. Les Japonais estiment beaucoup ce genre d'objets dont nous reproduisons ici un spécimen dû à Ritsouô lui-même.
A cette nomenclature déjà bien longue des centres de fabrication et des familles de potiers, il faudrait ajouter celle des artistes amateurs qui ont fait accidentellement des pièces de céramique, et qui, dans une heure propice et sous l'empire d'une inspiration heureuse, ont parfois égalé les productions des maîtres rompus à la pratique du métier. Il conviendrait aussi de dire quelques mots de la célèbre Kôren, la modeleuse enterre, actuellement vivante, dont les œuvres pleines de verve sont très prisées des Européens. Mais ceci nous entraînerait trop loin. Le champ de l'art japonais est tellement vaste qu'on pourrait y faire à l'infini de nouvelles découvertes.