‹ L'art japonais (volume 2)Chapitre 154 sur 159 · FAISEUSES DE CHAPEAUX EN PAPIER · texte numérisé non relu

FAISEUSES DE CHAPEAUX EN PAPIER

( D'après Hokousaï.)

ponais ont collectionné ces épreuves et en ont fait des recueils factices. Ce sont une demi-douzaine de ces recueils, renfermant quelques centaines d'épreuves, qui se trouvent précieusement conservés dans deux ou trois collections parisiennes. J'ai constaté en les étudiant qu'on n'y rencontrait pas une seule gravure répétée ; le nombre des épreuves tirées était donc des plus restreints.

Les sourimonos sont, avec les laques et les broderies, les plus séduisantes merveilles de l'art japonais, celles, entre toutes, qui étonnent les indifférents. La difficulté vaincue est là tellement évidente, si en dehors de toute comparaison avec nos productions similaires, que les plus récalcitrants doivent se rendre. Les sujets de ces estampes à l'adresse des raffinés sont toujours d'une extrême fantaisie ; il semble que l'imagination des Japonais y ait fait avec délices l'école buissonnière. C'est un assaut, entre gens de goût, de

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grâce, d'esprit, de sentiment poétique, d'ingéniosité. La plupart des motifs qui décorent ces feuilles de présent sont assaisonnés de petites pièces de poésie en rapport avec les sujets eux-mêmes. Kyoden, le grand poète, n'a pas dédaigné de dessiner quelques sourimonos et de les enguirlander de concetti de circonstance. L'un d'eux que j'ai sous les yeux est accompagné de ces mots :

La fleur du prunier pour l'odorat, Le chant du rossignol pour l'oreille, Le fruit du kaki pour le goût, Voilà les bonheurs que je te souhaite pour l'année 1796.

Nous donnons ici un certain nombre de reproductions en couleurs de sourimonos, exécutées avec une grande perfection par M. Gillot, à l'aide de procédés héliographiques nouveaux.

J'en ai choisi deux ou trois qui sont de la jeunesse de Hokousaï. Du reste, jusque vers 1810, le maître s'est adonné avec passion à cette occupation récréative. Il a dû dessiner un nombre bien considérable de sourimonos, puisque, dans les seules collections parisiennes, j'en ai relevé plus de deux cent cinquante. Il en a certainement exécuté sur commande. Dans un des recueils qui sont entre mes mains j'ai compté plus de vingt Hokousaï, des plus admirables comme style et comme exécution et datés de cette fameuse année 1804, première d'un cycle, pendant laquelle le Japon semble avoir été tout entier en fête.

Hokousaï travailla tout d'abord pour l'un des plus importants éditeurs de l'époque, Yeïrakouya Toshiro, de Nagoya, qui possédait en même temps une succursale à Yédo. La très grande majorité des oeuvres de Hokousaï, sauf quelques volumes publiés à Osaka, a été éditée par cette grande maison, les Hachette du Japon, qui existe encore aujourd'hui à Nagoya. C'est un descendant de Toshiro qui a publié les réimpressions modernes de la Mangoua. Yeïrakouya

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LES ESTAMPES

Toshiro a été le premier éditeur des œuvres de Kôrin, Keisaï- Yeïsen, Boumpô, etc.

On peut citer, parmi les plus intéressants des premiers ouvrages de Hokousaï, qui, pour la plupart malheureusement nous sont inconnus, le volume de paysages et de figures [Yehon Riôbitsou), en 40 planches, qu'il publia chez Toshiro vers 1790, en collaboration avec un peintre du nom de Riou-Kosaï. Il en existe un exemplaire en couleurs à la Bibliothèque nationale de Paris ; j'en possède un tirage en noir dont j'ai extrait un certain nombre de reproductions , notamment celle de la page 268 du présent volume.

En 1799, Hokousaï est déjà en pleine activité de production; il fait paraître en l'espace de quatre ans les trois séries en couleurs des Promenades de Yédo (Yédo, 1799, 1800 et 1802). Ces dates sont importantes et nous les avons relevées sur des exemplaires de premier tirage. Elles suffiraient, sans autres preuves, à démontrer, contrairement à l'opinion courante des auteurs européens, que Hokousaï s'était déjà distingué par des œuvres de premier ordre bien avant l'ap-

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