CROQUIS DE HOKKEÎ, TIRÉ DE LA PETITE « MANGOL'A
parition du premier volume de la Mangoua. Le Yama Matayama
(i™ série) et surtout le Tôto Shokeï Itshiran [ic série, beaucoup plus rare que la première), comptent parmi les plus éclatantes manifestations du génie de Hokousaï; la troisième série (Ad^oimia Assobi), presque entièrement composée de paysages, est moins bien gravée et moins intéressante. Encouragé par le succès qu'obtinrent à Yédo ces admirables tableaux de la vie japonaise, il publia presque aussitôt une quatrième série, X Ad\ouma Meïshio, qui est d'une délicatesse charmante. Le coloris de ces premiers tirages est d'une saveur étrange; les jaune d'or , les verts passés , les rouge feu y jouent dans une gamme sévère. Léditeur réunit ensemble ces diverses séries et en publia un nouveau tirage, extrêmement soigné, sur papier fort, en 1 8 1 5 ; un dernier tirage en a été fait vers 1840 avec des couvertures spéciales; on peut les reconnaître aux attributs de Daïkokou, gravés en bleu, que Hokousaï y a semés.
L'idée de publier de petits cahiers de dessins à l'usage de ses élèves, des écoles populaires et des ouvriers industriels paraît avoir germé dans le cerveau de Hokousaï, vers 18 10. A ce moment son nom était déjà connu des habitants de Yédo; il avait à sa disposition un excellent éditeur et des graveurs de choix. Les quatorze cahiers de la Mangoua ou Recueil des dix mille esquisses ont paru
DESSIN DE HOKKE1.
( Collection de M. Duret. )
LES ESTAMPES
séparément en l'espace d'une quarantaine d'années. Le premier cahier parut, non pas en 1810, comme on le croit généralement, mais en 1814; la préface qui accompagne le" premier tirage porte la date de 181 2; l'éditeur, Katano Toshiro , de Nagoya, fils de Yeïrakouya, dit dans la postface du XVe volume (supplément), publié il y a quelques années avec ce qui restait de dessins non utilisés, que le premier volume avait été publié en 1814. Les XIIIe et XIVe volumes, interrompus par la mort de Hokousaï et parcelle de Yeïrakouya, survenue peu après, ne parurent qu'en 1849 eti85i. Les premiers ont été, en partie, gravés par l'excellent graveur Tamékiti, auquel succéda Yégava Santaro.
L'immense succès qui accueilli^ ce premier volume détermina Hokousaï à continuer. Il publia coup sur coup les IIe, IIIe et IVe volumes; au Ve il avait déjà, pour l'aider dans sa tâche, quelques élèves : Bokousen, Hokououn et Outamasa, à Nagoya, qu'il qualifie de « collaborateurs et élèves à Owari » et Hokkeï, à Yédo '. Le VIIIe volume paraît dès 1819 et le maître signe Katsoushika Taïto. Après le Xe volume, la publication se ralentit. En i83o, époque où Siebold revenait du Japon, les XIe et XIIe volumes, qui sont parmi les plus remarquables, n'étaient pas encore parus. Cela s'explique par la multiplicité extraordinaire des publications de
1. Note relevée sur l'exemplaire de premier tirage de la Bibliothèque nationale, n. 45